

Les Charbonniers de l’enfer : Retour de flamme
De retour après trois ans d’absence, Les Charbonniers de l’enfer, formation tout étoile de la musique traditionnelle, promettent à leurs fans un spectacle du Vendredi saint pas très catholique.
Nicolas Houle
La genèse des Charbonniers de l’enfer remonte au début des années 90, alors que Michel Faubert avait fait appel à des choristes bien connus du milieu de la chanson traditionnelle pour l’épauler lors de son spectacle Maudite Mémoire. Fort occupés par leur travail au sein de La Bottine souriante, des Frères Labri et de diverses autres formations, les choristes, qui formaient des équipes de deux personnes, se relayaient selon leurs disponibilités.
Un jour, tout ce beau monde s’est retrouvé ensemble à chanter des chansons traditionnelles a cappella. L’étincelle a eu lieu. Les Charbonniers de l’enfer étaient nés. "Quand on m’a proposé Les Charbonniers, je me suis dit: Cinq gars qui chantent des chansons a cappella, ça va peut-être être un peu drabe, mais ça m’a plu tout de suite", se rappelle Normand Miron. Je me disais: "Ça va être smooth, ça va être feutré, ça va être poli. C’est tout ça, mais à un moment donné, ça lève comme c’est pas possible!"
Show devant
Le quintette, qui regroupe Michel Bordeleau, Michel Faubert, André Marchand, Jean-Claude Mirandette et Normand Miron, s’est mis à se produire en spectacle, puis a fait paraître un album en 1996, Chansons a cappella. La chaude réception du public a pris tout le monde par surprise. "Cette bonne réponse-là ne m’a pas étonné de la part des gens qui aimaient la musique traditionnelle, mais j’ai été étonné de la réaction des gens qui étaient moins portés sur la chanson traditionnelle et de la réaction des jeunes, raconte André Marchand. Pour un groupe qui joue jamais, c’est étonnant qu’on ait vendu autant de disques!" Il est vrai que Les Charbonniers sont plutôt avares de sorties. Leur dernier spectacle remonte à trois ans, alors qu’ils se produisaient au Festival d’été, et depuis, plus rien. "On n’a jamais arrêté, précise Marchand. Mais on est tous bien occupés, ça relève de la haute stratégie quand on se rencontre! Là, il se présente des possibilités, alors on ne se lâche pas…"
Ces derniers temps, le quintette a réussi à se trouver quelques semaines pour répéter et présenter trois spectacles, deux à Montréal et leur premier en salle dans la région de Québec. Ils ont trouvé le temps aussi de monter de nouvelles chansons, apportant ainsi plus d’un tiers de nouveau matériel à leur spectacle, du matériel qui s’inscrit comme une suite logique à leur démarche: des chansons a cappella provenant de la tradition orale, qu’ils interprètent tantôt à l’unisson, tantôt avec de remarquables harmonies et toujours avec beaucoup de plaisir. "On est des chums, indique Normand Miron. À partir de ce moment-là, on voit à peu près les choses de la même façon et on ne perd pas de temps à savoir si on va dans la bonne direction. On procède de façon très instinctive et on progresse rapidement. Et surtout, c’est agréable."
Malin plaisir
Soudés les uns aux autres par le plaisir, plus que par tout autre engagement, Les Charbonniers comptent bien continuer d’explorer le territoire de la chanson traditionnelle dans sa forme a cappella pour plusieurs années encore. Mais ne leur demandez pas quand ils prévoient faire paraître leur prochain album, ils ont horreur des contraintes. Ce qui compte le plus pour les cinq compères, c’est de préserver la chimie du groupe, cette magie qui fait qu’à chacune de leurs retrouvailles, ils respirent tous du même souffle, ils mordent dans les mots et les syllabes comme s’ils n’étaient plus qu’une même personne, ils entrent en transe, comme si le diable lui-même venait les habiter, question de voir si ses charbonniers chauffent bien son enfer. "Quand on se retrouve, ça fait à peine une heure que l’on chante ensemble que les sourires s’installent, raconte André Marchand. Cette magie-là n’a pas bougé d’un iota depuis le début et on ne veut pas gâcher ça. Peut-être qu’en quelque part, on pourrait s’appeler Les Épicuriens de l’enfer."
Le 13 avril
À l’Anglicane
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