Kopernikus : Après un rêve
Musique

Kopernikus : Après un rêve

L’Opéra de Montréal s’aventure dans un monde plus original que de coutume: Kopernikus, de Claude Vivier, une oeuvre moderne et onirique, nous est présenté 20 ans après sa  création.

Qui aurait cru, au moment de sa création au Monument-National il y a une vingtaine d’années, que notre maison d’opéra plutôt traditionnelle afficherait la féerie mystique de Claude Vivier?

Ce n’est certes pas Jocelyne Fleury, créatrice du rôle d’Agni, personnage central de ce Rituel de mort, qui s’en serait doutée. À l’occasion de la reprise de Kopernikus par l’Opéra de Montréal, elle nous parle de l’oeuvre bien sûr, mais aussi de Claude Vivier.

"C’était un être malheureux, un orphelin, toujours en quête de la mère, fasciné par l’infini, le cosmos, les étoiles, confie la musicienne. Kopernikus, c’est une oeuvre autobiographique. Agni, c’est l’âme de Vivier, le seul personnage réel; les autres sortent de son imaginaire, ce sont des images, comme la Reine de la Nuit, Mozart, Tristan et Isolde. Il n’y a pour ainsi dire pas d’interaction entre les personnages. Agni traverse son rituel, et à la toute fin, franchit la porte, se retrouve de l’autre côté, après avoir apprivoisé la mort."

Le tout se déroule dans un langage imaginé, une langue magique, avec parfois des mots réels qu’il est difficile de discerner, "mais la musique est d’une telle intensité, avec de tendres mélodies maternelles, que même si les paroles ne passent pas, cela a presque la réalité d’un rêve", ajoute la chanteuse.

Vivier n’hésitait pas à se comparer à Wagner, la comparaison étant sans doute justifiée par son désir de théâtre total où livret, musique et action scénique ne font qu’un.

"Il a participé directement à la création, surtout pour la direction musicale, pour nous faire comprendre ses annotations, ce qu’il voulait entendre comme bruits de bouche, en se frappant les lèvres avec les mains, en donnant des coups de langue sur les dents, comme ça, relate la chanteuse en faisant une démonstration vocale au bout du fil. Il nous demandait des glissandi par saccades, assez difficiles à exécuter…"

Espérons que la coproduction de la compagnie torontoise Autumn Leaf Performance, du Banff Centre for the Arts et de l’Association Française d’Action Artistique, qui sera aussi présentée au festival Musica de Strasbourg et au festival de musique contemporaine Huddersfield en Angleterre, saura combler les attentes du public de l’Opéra de Montréal, public qui devra, selon le metteur en scène Stanislas Nordey, retrouver la "capacité d’émerveillement et d’innocence de l’enfance face à la nouveauté du monde".

C’est les jeudi 26 et samedi 28 avril, à 20 h, que le Théâtre Maisonneuve résonnera aux accords de la musique de Vivier, avec les voix de Patricia O’Callaghan et Patricia Green, sopranos, Isabel Soccoja, mezzo-soprano, Shaunaid Amette, alto, Michiel Schrey, ténor, Ian Funk, baryton, et Simon Fournier, baryton-basse, entourés de huit musiciens (violon, hautbois, clarinettes – au nombre de trois -, trompette, trombone et percussion) sous la direction du chef Olivier Dejours, dans des décors d’Emmanuel Clolus, des costumes de Raoul Fernandez et des éclairages d’Axel Morganthaler.

(S)AXE(S)
Ce collage de parenthèses et de lettres est le titre des prochains concerts que donne l’ensemble de la SMCQ, en collaboration avec le Quatuor Quasar (Marie-Chantal Leclair, Mathieu Leclair, André Leroux et Jean Marc Bouchard), et sous la direction de Walter Boudreau, les 26, 27 et 28 avril, à 20 h, au Théâtre La Chapelle.

On aura compris que ça tourne autour du saxophone. Au programme: quatre créations (Octuor d’André Hamel, Octuor de Bernard Falaise, pour saxophone soprano et bande, traitement en temps réel de Louis Dufort, Quatuor de Jean-François Laporte) et deux reprises (Demain les étoiles pour douze saxophones de Walter Boudreau et Solo for Bass Saxophone de Klas Torstensson).

Né du désir commun des membres du Quatuor Quasar, de Richard Simas, directeur artistique du Théâtre La Chapelle, et de Boudreau, directeur artistique de la SMCQ, ce projet veut "amener les auditeurs à travers des champs sonores autres que celui de la simple relation musicien-spectateur définie par une salle de concert, sa scène et ses sièges", et explorer la dimension spatiale de toute oeuvre musicale "pour sa capacité de nous révéler d’autres niveaux d’écoute, d’autres structures, d’autres essences musicales". Ça promet, quoi!

GRAND CONCERT ANNUEL DU NEM
Le Nouvel Ensemble Moderne a donné son premier concert le 3 mai 1989 à la salle Claude-Champagne, et chaque printemps, le Grand Concert annuel du NEM vient nous le rappeler. Cette fois-ci, l’affiche se partage entre trois créations datées de 2000 (Lantern Lectures, volume 1 de Klas Torstensson, Le Cirque des mosaïques de Luc Marcel, Port Bou de Christopher Butterfield) et deux reprises (L’Oreille brisée de Cornelis de Bondt et Each of Them de Denis Bosse). C’est à Claude-Champagne, le mercredi 2 mai, à 20 h, que ça se passe. Signalons que le samedi 28 avril, à 14 h, le NEM donnera en avant-première l’oeuvre de Christopher Butterfield à la Chapelle historique du Bon-Pasteur et que l’entrée est libre pour ce mini-concert.

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