Polliwog : Jouer dehors
Musique

Polliwog : Jouer dehors

À sa sixième édition, le festival Polliwog est à la croisée des chemins: l’affiche à l’extérieur le prouvant hors de tout doute. Avec pratiquement les mêmes noms que par les années précédentes; quand aurons-nous droit à du sang neuf?

Au fil des années, le Polliwog extérieur, qui se tiendra pour une sixième année consécutive au parc Jeanne-Mance, est devenu un incontournable pour les amateurs de métal de tout acabit, trop heureux de se voir offrir une brochette de groupes variés de qualité, et ce, gratuitement. Cette année pourtant, le Polliwog semble avoir du plomb dans l’aile. Dans le but somme toute justifiable de prendre de l’expansion, les organisateurs Martyne Prévost et Mark Vinet ont choisi la formation rock The Tea Party comme tête d’affiche de trois des cinq spectacles de la tournée itinérante. Est-ce que ça veut dire qu’il n’y aura plus de têtes d’affiche plus heavy comme Anthrax et Cannibal Corpse dans le futur? L’avenir nous le dira. Toutefois, The Tea Party ne sera pas de la partie à Québec et à Montréal parce qu’il avait déjà accepté de donner des prestations dans les deux villes à peu près à la même période. Cela dit, on peut se demander si les habitués de l’événement auraient été prêts à payer 25 $, comme c’est le cas à Port-Cartier, Jonquière et Rouyn-Noranda, pour y assister.

Difficile aussi de ne pas souligner l’absence de renouvellement sur le plan musical. En effet, plusieurs des groupes qui seront au parc Jeanne-Mance le 11 août, Anonymus, Mass Hystéria, Groovy Aardvark et Raid n’en sont pas à leur première apparition au Polliwog. Sans vouloir nier leurs qualités, on aurait aimé être confronté à plus de sang neuf. Mais bon, on verra bien de quel bois se chauffent Tuuli, une formation punk féminine de Toronto, Mononc’ Serge, Barkode, Gou-H (gagnant de l’édition 2000 du concours Polliwog) et ?Alice!.

Pour une deuxième année de suite, le festival se terminera par un spectacle de clôture présenté en salle. En plus de Rubberman, Tuuli et Buildings, on aura droit cette fois-ci à la performance de Slaves on Dope, qui a lancé l’automne dernier l’album Inches from the Mainline, paru sur l’étiquette d’Ozzy Osbourne, Divine Recordings.

En mars dernier, le quartette, qui est allé chercher la gloire et la reconnaissance en Californie, se trouvait à Montréal dans le cadre du Sno Jam organisé par MusiquePlus. On avait profité de l’occasion pour discuter avec les membres, heureux de revenir dans leur ville natale en conquérants. "On est partis après avoir fait tout ce qu’on pouvait pour que ça marche. Mais le problème, c’est qu’à cette époque il n’y avait pas de "scène musicale" à Montréal. La seconde où l’on s’est installés à Los Angeles, tout ça a changé. On a donné notre premier concert à L.A. dans une salle remplie à pleine capacité, en compagnie de quatre autres formations qui jouaient le même style de musique que nous. On s’est immédiatement sentis acceptés et à notre place dans ce nouvel environnement", explique le guitariste Kevin Jardine. Selon les membres du groupe, également composé du batteur Rob Urbani, du bassiste Frank Salvaggio et du chanteur Jason Rockman, l’atmosphère à L.A. est d’autant plus stimulante que les formations s’entraident mutuellement. "Il y a bien sûr beaucoup de compétitions mais, comme partout ailleurs, ce sont les meilleurs qui se démarquent. De plus, là-bas, on joue chaque soir devant des représentants d’étiquettes de disques sans même le savoir", continue Kevin. Ainsi, pour lui, Los Angeles, c’est un peu la Terre promise pour tous les artistes en devenir, qu’ils soient musiciens, écrivains ou acteurs.

Évidemment, le groupe ne pouvait pas prévoir que l’aventure se terminerait aussi bien. Par contre, dès leur arrivée, les gars assurent qu’ils ont rapidement réalisé qu’ils n’avaient pas fait le voyage pour rien. "Quand on a entendu et vu jouer les autres groupes, on a tout de suite compris qu’on n’avait rien à leur envier", assure Kevin. Puis, pour compléter leur histoire digne d’un conte de fées, dès que Sharon Osbourne, épouse et gérante d’Ozzy Osbourne, a entendu leur matériel, elle leur a offert un contrat.

Les gars de Slaves on Dope admettent d’emblée qu’avoir une importante étiquette de disques derrière eux leur donne plus d’autonomie. Par contre, tout n’est pas gagné d’avance pour autant. "Même si l’on peut dépenser plus d’argent sur notre produit, on doit travailler aussi fort. Cela dit, ne plus avoir à nous occuper de l’aspect technique (promotion, tournées, etc.) nous permet de nous concentrer sur l’écriture, ce qui est vraiment bien", affirme le guitariste. C’est le printemps prochain qu’on pourra entendre le fruit de leurs efforts puisque le quartette a passé une partie de l’été à Montréal pour se consacrer à l’enregistrement de son deuxième disque. Il se pourrait même que Slaves on Dope profite du concert de clôture du Polliwog pour donner un avant-goût de son nouveau matériel.

Spectacle extérieur
Le 11 août
Au parc Jeanne-Mance

Spectacle en salle
Le 12 août
Au Métropolis
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