Miss Kittin & The Hacker : Nouvelle vague
Musique

Miss Kittin & The Hacker : Nouvelle vague

Affirmer que le nouveau courant électro est très tendance en ce moment tient du pléonasme. Il a commencé à envahir peu à peu la planète électronique il y a trois ou quatre ans depuis l’Allemagne, où l’étiquette International DeeJay Gigolo s’est très rapidement retrouvée au coeur de ce style, avec des artistes comme Miss Kittin & The Hacker, qui proposent une forme techno somme toute très proche du pop.

Affirmer que le nouveau courant électro est très tendance en ce moment tient du pléonasme. Ayant commencé à envahir peu à peu la planète électronique il y a trois ou quatre ans depuis l’Allemagne (avec le groupe I-F en tête), le néo-électro a officiellement atteint les côtes montréalaises il y a un peu plus d’un an, avec la compilation Mixed Emotions du D.J. Tiga. Au centre de cette renaissance des années 80 mélangée à la culture techno actuelle, se trouve une réaction au mouvement techno, de plus en plus rébarbatif, voire essoufflé. Malgré sa facture variée, l’étiquette allemande International DeeJay Gigolo s’est très rapidement retrouvée au coeur de ce style, avec des artistes comme Miss Kittin & The Hacker, qui proposent une forme techno somme toute très proche du pop. Sur ces pièces, la voix blasée et théâtrale à l’accent fortement français de Miss Kittin raconte innocemment dans la langue de Shakespeare ses soirées dans des univers hollywoodiens. Le tout autour des rythmes simples et efficaces de The Hacker, toujours concentrés autour d’une profonde ligne de basse new-wave.

Évidemment, comme plusieurs artistes de ce genre, le duo s’est intéressé à l’électro bien avant l’engouement qu’il connaît actuellement. "Il y a quatre ans, quand on a envoyé des morceaux comme Frank Sinatra à DJ Hell (fondateur de Gigolo), ce n’était pas du tout le moment du revival électro; à cette époque, tout le monde s’en foutait, explique The Hacker. Et nous, on a fait ces morceaux parce que ça nous faisait délirer. Il nous a répondu qu’il trouvait ça mortel et qu’il voulait le sortir. Je me suis dit qu’il était fou parce qu’il allait n’en vendre qu’une centaine, mais, finalement, on a eu de la chance parce que ça a tout de suite accroché en Allemagne. Alors qu’en France, par exemple, c’est passé complètement inaperçu à l’époque." Aujourd’hui, le milieu de l’électronique français craque pourtant pour ce duo.

Mais toute forme de succès comporte des pièges artistiques et The Hacker en est conscient. Il précise qu’il ne veut pas qu’on lui accole l’étiquette rétro et rappelle qu’il refuse également, par principe, d’échantillonner des succès du passé. "C’est clair que c’est là une des influences de notre musique, mais ce n’est pas la seule. De toute façon, on n’a pas envie de se répéter: on pourrait facilement faire exactement le même album dans deux ans mais ce ne serait plus intéressant."

Le 26 janvier
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