

MusMix : Heureux mélange
Coproduit par le Nouvel Ensemble Moderne et la société Réseaux, MusMix nous fait découvrir la musique mixte. LORRAINE VAILLANCOURT se penche sur la naissance d’un événement qui lui tient à coeur.
Réjean Beaucage
On assistera, les 7 et 8 février, à la naissance d’une nouvelle série de concerts biennale avec l’événement MusMix, que le Nouvel Ensemble Moderne coproduit avec la société Réseaux. Première tribune canadienne de musique mixte du NEM, MusMix nous permettra d’aborder un genre musical relativement peu répandu, celui de la musique mixte. J’en ai discuté avec la directrice artistique du NEM, Lorraine Vaillancourt.
"C’est vraiment une série qui me tient à coeur; évidemment, c’est un répertoire que l’on fréquente de façon plus ou moins régulière à travers nos saisons; mais d’avoir un événement concentré et la collaboration du Musée où l’on s’installe pour une dizaine de jours afin de répéter avec tout le matériel, ce qui est impossible habituellement, c’est très bien, et j’espère que c’est en effet la première d’une longue série." Lorraine Vaillancourt a mis toutes les chances de son côté en s’assurant l’expertise de Robert Normandeau, Gilles Gobeil et Jean-François Denis, de Réseaux, des électroacousticiens qui n’en sont pas à leur première organisation de concerts, puisqu’ils sont les maîtres d’oeuvre de la série Rien à voir, consacrée à la musique acousmatique. "Ça s’est fait naturellement puisque nous cherchions un partenaire avec l’expertise technique nécessaire; et ça nous semblait aller de soi, si on devait s’engager à fond dans cette musique, d’avoir des associés de cette qualité", opine Lorraine Vaillancourt.
Si le NEM est très actif sur le plan international (l’ensemble repart pour l’Europe en mars), MusMix se limite volontairement au répertoire canadien, le répertoire de musique mixte étant particulièrement développé par ici. C’est un beau programme qui nous attend, durant lequel nous pourrons apprécier diverses formes de musique mixte, et qui sera donné deux fois, ce qui demeure malheureusement une rareté en musique contemporaine. Des oeuvres de Serge Arcuri (pour cor anglais solo, 10 instruments et bande), Martin Bédard (pour piano et traitements analogiques en direct), Peter Hannan (pour clarinette, violon, violoncelle, percussions et bande), Alcides Lanza (pour clarinette, sons électroniques et traitement audionumérique), Jean-François Laporte (pour ensemble amplifié et bande) et Laurie Radford (pour 15 instrumentistes, musique électroacoustique et traitement numérique du signal en temps réel). Des soirées électrisantes en perspective.
Les 7 et 8 février à 20 h
Salle Beverly Webster Rolph, Musée d’art contemporain de Montréal
Info: 343-5962
Regards sur la microtonalité
Si le NEM nous propose des musiques mixtes, du côté du Conservatoire, c’est à la découverte de la musique microtonale que l’on nous convie. Une musique trop peu connue parce que très rarement interprétée, mais qui ouvrira à ceux qui ne la connaissent pas les portes d’un monde insoupçonné.
C’est en fait pour rendre hommage au compositeur Bruce Mather, qui a confié la garde de son piano Carillo en seizième de ton à l’institution, que le Conservatoire nous présente ces "Regards sur la microtonalité" les 8 et 9 février. Le tout débute par un récital de la pianiste française Martine Joste, grande spécialiste du répertoire contemporain, qui nous permettra de goûter pleinement l’étrange sonorité de cet instrument. Des oeuvres de Flammer, Bancquart, Mather, Vandenbogaerde et Criton sont au programme. Pour la pièce de Criton, Bruce Mather rejoindra Martine Joste au piano.
Nous aurons droit le lendemain à 19 h à un forum qui regroupera la pianiste et les compositeurs Michel Gonneville, Vincent-Olivier Gagnon, Serge Provost et Mather. Leurs commentaires pourront sans doute nous renseigner sur les tenants et les aboutissants de la musique microtonale, du pionnier Ivan Wyschnegradsky jusqu’à aujourd’hui. Cette rencontre sera suivie d’un concert d’ensembles divers placés sous la direction de Véronique Lacroix qui, en plus de diriger l’Ensemble contemporain de Montréal, est aussi en charge de la Classe d’interprétation de musique contemporaine du Conservatoire. Ici, les oeuvres proposées seront de Vincent-Olivier Gagnon, Estelle Lemire, Maxime McKinley et Bruce Mather, et l’inouï risque fort d’être au rendez-vous!
Les 8 février à 20 h et 9 février à 19 h et 20 h
Chapelle historique du Bon-Pasteur
Entrée libre
La Traviata
L’Opéra de Montréal présente à compter de cette semaine, et pour la cinquième fois de son histoire, La Traviata, de Giuseppe Verdi. Cet opéra en trois actes, dont la création en 1853 fut étonnamment un désastre, a pourtant assuré la renommée du compositeur et clos d’ailleurs ce que l’on a appelé sa "trilogie populaire" (Rigoletto en 1851, puis Le Trouvère et La Traviata en 1853). Le livret de Francesco Maria Piave est basé sur La Dame aux camélias, d’Alexandre Dumas fils. Marguerite Gauthier y devient une Violetta Valéry un brin plus "présentable", mais dont le passé trop lourd provoque le même destin tragique. C’est la soprano Gianna Corbisiero qui lui prêtera ses traits, tandis que le rôle de l’amoureux transi Alfredo Germont sera tenu par Marc Hervieux. Jacques Lacombe sera devant l’OSM. On en reparle la semaine prochaine.
Les 9, 11, 14, 16, 20 et 23 février à 20 h
Salle Wilfrid-Pelletier de la PDA
Info: 985-2258