Retour de son : Bobby Hachey
Musique

Retour de son : Bobby Hachey

Bobby Hachey

Le 20 avril, au Centre d’art La Chapelle
Prendre du bon vieux temps

Critiquer un spectacle, c’est le prendre pour ce qu’il est, nonobstant ses préférences personnelles, en analyser les paramètres et juger de sa qualité globale. Cela dit, un homme de la trempe de Bobby Hachey n’a plus rien à prouver, et son public, en moyenne presque aussi âgé que lui, ne réclame guère plus du guitariste et chanteur que les quelques blagues salaces et le succinct voyage au pays de la nostalgie que propose le pionnier en toute candeur. C’est d’ailleurs exactement ce à quoi l’auditoire aura eu droit, Hachey apparaissant sur scène dans une forme resplendissante, cependant moins habile à la guitare qu’il ne le fut, mais toujours aussi volubile – un gag n’attend pas l’autre – et vocalement impeccable. Des nombreux succès de ses amis disparus au programme, on retiendra ceux de Lévis Boulianne (Vole Colombe), Paul Brunelle (Ma petite maison dans la vallée), Johnny Cash (Folsom prison blues) et, bien sûr, Willie Lamothe (Miles après miles), qui furent particulièrement réussis. On déplorera cependant l’utilisation de pistes préenregistrées en seconde partie, rompant avec la chaleur que dégageait un petit groupe d’accompagnement suffisamment habile pour s’en passer.

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The Whereabouts
Le 20 avril, au Bal du Lézard
De la trempe des idoles

Quelques dizaines de curieux s’étaient déplacés pour assister à l’énergique mais trop courte performance des Whereabouts. Tout juste arrivés du ranch à Bobby, nous aurons assisté aux 20 dernières minutes du tour de piste d’Ophélia, trio d’ici qui aurait intérêt à resserrer des chansons potentiellement efficaces qui réclament cependant un travail de finition. L’introduction en dents de scie des Whereabouts laissait présager un spectacle de même acabit, le groupe se ressaisissant cependant dès la seconde pièce, balançant ensuite l’électrisante Afterthought afin d’installer une erre d’allée pour cette performance, non pas transcendante, mais concrétisant les velléités d’un rock aux accents pop que caresse le groupe montréalais. Intelligentes, émotionnellement riches et accrocheuses, les chansons d’Andrew MacNeill se muent sur scène en de cinglants hymnes au rock de stade qu’un public averti aurait sans doute mieux apprécié. Une prestation réussie qui démontre que la formation peut bel et bien aspirer à une carrière de gros calibre ou, à tout le moins, qu’elle a suffisamment de talent pour s’en approcher.