In Vivo : Humains, très humains
Musique

In Vivo : Humains, très humains

À une certaine époque, pas si lointaine, le terme fusion désignait, en France, une bande de groupes allumés qui tentaient d’opérer une rencontre entre les univers du hip-hop et du métal. Avant le rap-néo-métal indigeste de Limp Bizkit, les Mass Hysteria, Lofofora et autres No One Is Innocent avaient créé une véritable scène dans l’Hexagone, et leur renommée s’étendait jusqu’au Québec, où ces groupes ont toujours trouvé des oreilles réceptives.

À une certaine époque, pas si lointaine, le terme fusion désignait, en France, une bande de groupes allumés qui tentaient d’opérer une rencontre entre les univers du hip-hop et du métal. Avant le rap-néo-métal indigeste de Limp Bizkit, les Mass Hysteria, Lofofora et autres No One Is Innocent avaient créé une véritable scène dans l’Hexagone, et leur renommée s’étendait jusqu’au Québec, où ces groupes ont toujours trouvé des oreilles réceptives.

Si le mot fusion est aujourd’hui désuet, voire honni, l’idée qui le sous-tendait n’est pas morte. Les adeptes du genre ont simplement trouvé d’autres univers sonores à conquérir. C’est précisément ce qui s’est passé avec In Vivo, groupe fondé par Farid, guitariste de Lofofora, Djamal, rapper de Kabal et Densio, luthier et collectionneur d’instruments exotiques, qui ponctue de sitar et d’oud les compos du trio.

"À l’origine, c’est parti de Farid qui avait commencé à travailler sur des trucs en solo alors qu’il était encore avec les Lofo. L’univers de Lofofora était assez teinté de hip-hop pour rejoindre Kabal et vice-versa", explique Djamal. "On ne voulait pas se mettre de limites, être simplement "le groupe avec un sitar"; on a commencé à jammer et on voulait laisser l’esprit des morceaux dicter la marche à suivre, poursuit Densio. Étrangement, tout ça demeure très parisien. Mon maître de sitar, je l’ai rencontré ici, tout comme le chanteur tibétain qui se retrouve sur l’album."

Dans les locaux de Sony Music à Paris, Djamal, qui roule pétard sur pétard, ressort la complainte de tous les groupes au statut hybride: "On est trop rock pour les médias hip-hop, trop hip-hop pour les médias rock; du coup, on se retrouve souvent victime de l’esprit de clocher." C’est peut-être pourquoi le groupe "aux extraits naturels d’êtres humains" a atterri chez Saint-Georges, un label destiné aux "autres musiques" qui compte aussi dans ses rangs Geoffrey Oryema, Sanseverino et Angélique Kidjo. Après tout, leur musique, aux accents indiens, arabes, voire jamaïcains, n’est-elle pas un peu world? "Ah ben c’est ça, on fait de la world, lâche Djamal. C’est drôle, parce qu’on avait l’impression de défendre une identité franchouillarde, même si – ou plutôt parce que – nous sommes le fruit d’une fusion de cultures." De cultures et de sons, ajouterait-on: drum’n’bass, jungle, ragga, métal, musiques ethniques, électro; tout y passe, avec, en prime, des textes rappés qui sont bien loin de l’esprit nihiliste des groupes des banlieues glauques. Sur leur disque éponyme, Djamal croise le fer avec Saul Williams, reprend Jacques Brel, et livre un message positif et résolument humaniste. "Ce groupe a ouvert ma palette d’émotions. Je me suis rendu compte que l’absolu, c’est l’amour que tu portes à ton prochain. C’est un truc qu’on essaie de transmettre avec In Vivo, que ce soit les dents serrées ou avec le sourire."

Le 26 juillet à 20 h
Au Parc des festivals

Le 27 juillet à 23 h
Au Spectrum

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