Claire Gignac et La Nef : Et vogue le navire
Musique

Claire Gignac et La Nef : Et vogue le navire

La compagnie musicale La Nef a eu 10 ans l’année dernière et elle continue de voguer entre les époques et les lieux. Cette fois, ce sont des Musiques des montagnes que son équipage nous rapporte de la région des Balkans. Rencontre avec CLAIRE GIGNAC, codirectrice musicale de la soirée.

Depuis plus de 10 ans, le trio fondateur de La Nef, Sylvain Bergeron, Claire Gignac et Viviane LeBlanc, parcourt le paysage musical avec une curiosité insatiable qui scrute les traditions des Vieux Pays, du Moyen Âge de Jeanne la Folle jusqu’à La Quête du Graal et ses musiques originales basées sur les traditions orales de Cornouailles, d’Irlande et d’Écosse. En mars prochain, ce sont les musiques actuelles de Robert M. Lepage et Silvy Grenier que feront entendre les instruments anciens de l’ensemble; mais pour l’heure, ce sont des airs traditionnels de Grèce, de Macédoine et de Turquie que nous propose le concert Musiques des montagnes.

L’éclectisme de La Nef, dont les concerts font souvent appel à des mises en scène élaborées, n’a d’égal que celui de Claire Gignac, chanteuse au répertoire très varié, multi-instrumentiste, comédienne (Zulu Time), compositrice et metteure en scène. Je l’ai rencontrée pour en savoir plus sur ce prochain concert. "Certaines pièces grecques ont déjà été interprétées dans notre spectacle Le Chant d’Éole, en 1995, m’explique-t-elle, mais il s’agissait de versions bien différentes et d’un spectacle très théâtral, tandis que cette fois-ci, c’est vraiment la musique qui prend toute la place. Il y a évidemment plusieurs pièces que nous n’avons jamais jouées auparavant, et nous ferons aussi des incursions dans les musiques arabo-berbère et arabo-andalouse, afin de profiter pleinement de la présence de Hassan el Hadi, notre joueur de oud."

Les deux autres cofondateurs de la compagnie ne sont pas de cette production-ci, mais l’équipe a développé au fil des ans un bassin de collaborateurs et un flair qui lui permettent de dénicher les talents nécessaires à l’élaboration de ses concerts thématiques. Autour du oud et de la chanteuse (aussi à la flûte de bambou et au psaltérion à archet), le codirecteur musical de la soirée Ben Grossman (vielle à roue, lyre, bouzouki et percussions), la ventiste Élise Guay (chalémie, cornemuse et flûte à bec) et le percussionniste Patrick Graham (bendir, riqq, bodhran et derbouka) participeront aussi à recréer ces musiques traditionnelles du Sud-Est de l’Europe.

La Nef surprendra sans doute son public habituel en mars prochain lors de l’inauguration de son "secteur actuel", dont la responsable est précisément Claire Gignac. "L’idée est de commander des oeuvres pour un mélange d’instruments anciens et modernes, afin de voir ce qu’il est possible de faire en création originale avec ce type de sonorité si particulier. On peut bien sûr imaginer toutes sortes de combinaisons de musiques anciennes et nouvelles, tant dans la composition que dans les instrumentations qui seront mises de l’avant."

Le premier concert de ce nouveau volet de la programmation régulière de La Nef mettra en effet à contribution un étrange instrumentarium comprenant théorbe et saqueboute, mais aussi un échantillonneur et des traitements de son en direct. Il sera donné dans le cadre du festival Montréal Musiques Nouvelles. La Nef est décidément un bien étrange vaisseau qui navigue sur une mer pleine de surprises!

Le samedi 16 novembre, 20 h
À la Salle Pierre-Mercure

Nouvele Sinfonie
Ce n’est pas tous les jours qu’un nouvel orchestre voit le jour! C’est pourtant au concert inaugural de la Nouvele Sinfonie que nous convie son fondateur et directeur musical Hervé Niquet. Spécialiste du répertoire français des 17e et 18e siècles, Niquet a été durant sept ans chef de chant à l’Opéra National de Paris et il connaît depuis bientôt 15 ans un grand succès avec son ensemble Le Concert Spirituel. La Nouvele Sinfonie présentera à Montréal deux programmes par année et se spécialisera dans l’exploration de la musique française baroque, d’où l’orthographe du 17e siècle choisie pour le nom de l’orchestre. Le tout premier programme prouve par ailleurs que la découverte est encore possible dans ce répertoire puisque l’on entendra des musiques du compositeur Charles Desmazure, dont on sait assez peu de choses sinon ce que nous en apprend le communiqué, qui le présente comme un "musicien de génie de la fin du règne de Louis XIV". Seront interprétées ses Sinfonies pour l’entrée de la reine d’Espagne à Marseille, qui datent de 1701.

L’orchestre est constitué de 40 musiciens jouant sur instruments d’époque (20 cordes, 4 hautbois, 4 flûtes, 4 bassons, 4 théorbes, 2 clavecins et 2 percussions). Une vingtaine de musiciens sont de Montréal, tandis qu’une dizaine proviennent de Québec, Ottawa et Toronto. Huit autres arrivent, avec le chef, de France, afin de favoriser un échange d’expertises profitable aux uns comme aux autres. La Nouvele Sinfonie se donne en effet une mission de recherche et de formation et s’associera pour la mener à bien à l’Atelier de recherche du Centre de musique baroque de Versailles, de même qu’au Département de musique ancienne de l’Université McGill. On en reparlera.

Le 17 novembre
À la Salle Pierre-Mercure

Quatuor Molinari
C’est le 31 mai dernier qu’étaient dévoilés les lauréats du premier Concours international de composition pour quatuor à cordes organisé par le Quatuor Molinari. Les membres du quatuor, épaulés par les compositeurs Denis Gougeon, R. Murray Schafer et Gilles Tremblay, ont dû choisir parmi les propositions de 222 candidats provenant de 39 pays. On pourra entendre le résultat de cette consultation lors du prochain concert du quatuor. Au programme: Quatuor à cordes "Romantique" de Vsevolod Chmoulevitch (1970-Russie), Kleine Fluchten (Little Hide Aways) de Morritz Eggert (1965-Allemagne), Island de Wolf Edwards (1972-Canada) et In memoria di Sergej Prokofiev d’Alberto Colla (1968-Italie). www.quatuormolinari.qc.ca.
Le 15 novembre
À la Salle Redpath de l’Université McGill

Solidarité Bali
Le seul nom de l’île de Bali évoque ciel bleu et sable chaud, palmiers et vagues de rêve. Le rêve a tourné au cauchemar le 12 octobre dernier lorsque des bombes ont éclaté dans une boîte de nuit de Kuta, faisant 200 morts et 300 blessés. Afin de venir en aide aux victimes et à leurs familles, le gamelan Giri Kedaton organise un concert-bénéfice dont les profits seront remis au Bali Hati Project, un organisme qui se consacre à l’amélioration de la qualité de vie des Balinais et recueille depuis l’attentat les dons destinés aux victimes. La danseuse Ni Komang Swijani se joindra à Giri Kedaton pour un programme de danse et musique traditionnelles de Bali. On entendra également deux oeuvres originales du directeur musical Sylvain Mathieu. L’ensemble de 20 musiciens joue sur deux gamelans qui ont été offerts à l’Université de Montréal par le gouvernement indonésien en 1986.

Le samedi 16 novembre
À la Salle Claude-Champagne