

Remy Shand : Un Canadien errant
Au basket, tout le monde connaît l’adage "white men can’t jump". Côté musical, par contre, la situation est plus floue. Tous ceux qui croyaient que les hommes blancs n’avaient aucune affinité particulière avec le soul et le rhythm’n’blues doivent se raviser. L’homme blanc, du moins celui de Winnipeg, peut être éminemment sensuel. Parlez-en à REMY SHAND.
Marsolais Patrick
La première fois qu’on avait causé au soul man des Prairies, c’était il y a un peu moins d’un an, quelques jours avant la sortie de son premier disque. Excité, intarissable, souriant et heureux: "Un an plus tard, je t’avoue que je suis parfois vidé, dit-il de son autobus de tournée, quelque part entre Toronto et Windsor. Heureusement, les concerts nous sauvent. Ils nous ré-énergisent." On comprendra Remy Shand d’avoir les piles à zéro. Après tout, son Take a Message a fait le tour de la planète, et Remy, par conséquent, s’est farci les tournées médiatiques qui allaient avec pareil succès. Après son passage au dernier Festival d’été, voilà que, pour s’imbiber de ses charnelles chansonnettes, les fans devront se taper Bryan Adams au Colisée. Non mais que s’est-il passé? "C’est fantastique, non?" s’exclame le chanteur avec un enthousiasme qui ne laisse aucun doute sur sa sincérité. "J’ai grandi en écoutant Bryan Adams, j’adore ce qu’il fait, et nous avions déjà raté un premier rendez-vous professionnel il y a quelques mois. Quand il m’a demandé de l’accompagner pour ses spectacles québécois, je n’ai pas pu refuser. Et puis nous avons à peu près le même public. En fait, nous sommes deux amoureux de ballades. La seule différence, c’est que lui, il est un faiseur de ballades très riche…"
Un tantinet dérangé, le multi-instrumentiste? Non, simplement Canadian. Profondément Canadian. Avez-vous une idée de l’artiste que Remy Shand est le plus fier d’avoir rencontré depuis le début de sa carrière? Randy Bachman! Ce gars-là fait le tour du globe, est au coeur de tout ce que le jet-set mondial a à proposer, et sa rencontre la plus excitante se résume à une visite de l’ex-Guess Who, le tiers de Bachman-Turner Overdrive! Pas Stevie Wonder, pas Aretha Franklin ou Alicia Keys. Non, Randy Bachman, "proud fellowman from Winnipeg". Comme dirait l’autre, on peut sortir un artiste des Prairies, mais on ne peut pas sortir les Prairies de l’artiste… Et c’est ce qui fait le charme de Shand qui, malgré sa percée significative, reste un des chanteurs les plus terre-à-terre qu’on ait rencontrés: "Je sais pourquoi je fais de la musique et ce n’est pas pour les bulles de champagne ou les méga-boums, explique-t-il. Je sais d’où je viens, et je tiens beaucoup à mes racines."
Alors quoi, notre homme aurait-il à ce point l’esprit obtus qu’il faille oublier toute notion de sensualité, voire de sexe pur et dur dans son cas? "T’es malade, je suis fou du sexe, nous rassure-t-il. Et puis pour faire une musique comme la mienne, tu dois nécessairement être un gars sensuel. Tu ne peux pas faire semblant. Ma blonde me suit partout en tournée, c’est un bonheur quotidien sans cesse renouvelé…"
Remy Shand avoue toutefois ne pas baiser sur sa propre musique: "Non, je laisse ça aux autres. De toute manière, le nombre de chansons pour bien accompagner une partie de sexe est infini. En ce qui me concerne, je suggère Stevie Wonder, Teddy Pendergrass et Barry White. Des valeurs sûres." Encore heureux qu’il ne nous propose pas Randy Bachman…
Le 7 décembre
Au Colisée
Voir calendrier Rock / Pop