Alisa Weilerstein : Née pour jouer
Musique

Alisa Weilerstein : Née pour jouer

Film préféré: Tout sur ma mère, de Pedro Almodovar. Mauvais film préféré: Speed, de Jan de Bont. Passe-temps: beaucoup de lecture. La jeune vingtaine, volubile et enjouée, ALISA WEILERSTEIN se passionne pour bien des choses. Et la musique vient en tête.

Son enfance baigne dans l’univers de Schumann et de Bloch, des Beatles et de Don Giovanni. Ses parents, Donald Weilerstein, violoniste, et Vivian Horfnik Weilerstein, pianiste, sont des musiciens de métier et les répétitions rythment la vie de cette famille de Cleveland. Alisa fait maintenant partie avec eux du Weilerstein Trio. "Quand j’étais enfant, ils étaient plutôt des professeurs, ils devaient me dire comment faire les choses. Maintenant, nous avons une approche plus égalitaire. Bien sûr, ils sont quand même mes parents, on ne peut pas être totalement des égaux."

Pourquoi le violoncelle? "Je ne me souviens pas l’avoir choisi: c’était tout simplement l’instrument dont je m’imaginais jouer, celui que je devais apprendre." Et elle l’a pour ainsi dire toujours eu dans les bras. À l’âge de deux ans et demi, la petite Alisa attrape la varicelle. Pour lui changer les idées, sa grand-mère lui fabrique un violoncelle en miniature à l’aide d’une boîte de céréales et d’une brosse à dents. C’est le coup de foudre: Alisa le traîne partout et fait semblant d’en jouer, participant même aux répétitions de ses parents. Elle exige bientôt d’en avoir un vrai. "J’ai tellement insisté qu’ils m’en ont finalement acheté un." À l’âge de quatre ans, elle commence donc l’apprentissage de son instrument. Six mois plus tard, elle monte sur la scène pour la première fois. À 13 ans, elle fait son entrée dans le monde des grands solistes avec l’Orchestre de Cleveland, interprétant rien de moins que les Variations Rococo de Tchaïkovski. Depuis, elle s’est fait entendre à Londres, au Japon, en France, en Australie, à Amsterdam et dans plusieurs grandes villes américaines.

Alisa est avant tout une grande amoureuse de la musique. Les rythmes brésiliens la font vibrer autant que la Chaconne de Bach, dont elle se réjouit de pouvoir travailler une transcription pour violoncelle. "Mais il y a des millions de pièces pour piano que j’adore et que je ne serai jamais capable de jouer. Je ne pourrais même pas toutes les nommer! J’adore aussi le jazz, mais le violoncelle n’y est pas vraiment adapté."

Maintenant professionnelle, elle donne cette année pas moins de 75 récitals, et joue partout au monde tant comme soliste, le plus souvent avec orchestre, que comme chambriste. À sa carrière de musicienne s’ajoutent les études à temps plein: Alisa en est à sa troisième année à la Columbia University de New York. Spécialité? Histoire européenne au XXe siècle. Mais donner un récital demeure ce qu’elle aime le plus. "Quand j’aurai terminé mes études, je pourrai jouer encore plus. Pour l’instant, j’essaie de faire attention, de conserver l’équilibre."

Le 14 janvier
Au Grand Théâtre
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