Blur : Corps de contrôle
Musique

Blur : Corps de contrôle

Le contexte entourant la parution du septième album studio de Blur permettait sans doute d’y aller de nombreuses spéculations. Plusieurs facteurs ouvraient la porte à ces diverses théories: la facture plus électronique de Think Tank, le départ-surprise du guitariste Graham Coxon et les multiples aventures musicales du chanteur Damon Albarn qui ont ponctué ces trois dernières années: Mali Music, un projet à saveur africaine et surtout la collaboration avec la formation virtuelle Gorillaz, qui a obtenu un vif succès.

Les pièces du casse-tête en place, pour certaines personnes l’image était bien précise: gonglé à bloc par ses succès personnels, Damon aurait cherché à prendre tout le contrôle de la formation en évacuant en grande partie son côté rock. Ce qui n’aurait pas été étranger au départ de Graham.

"J’aimerais bien te raconter cette histoire pour que tu aies un joli article facile à écrire, mais il n’en est rien", répond le batteur Dave Rowntree qui, visiblement, a grandi avec la presse sensationnaliste britannique. "Je n’ai assisté à aucune prise de bec entre Damon et Graham et la tension n’a jamais monté en studio puisque Graham ne s’est jamais présenté aux séances d’enregistrement. Je crois qu’avant même de commencer l’album, il n’avait plus envie de faire partie du groupe."

"Je ne sais pas si les gens vont me croire, et de toute façon, je m’en fous, mais personne à ce moment-là n’a pris le contrôle de Blur. Nous vivions plutôt une période de recherche et d’incertitude. Nous étions supposés composer l’album à quatre et nous perdions soudainement notre guitariste. Nous avons alors passé huit mois à travailler sur le nouveau matériel et je crois que nous avons accouché de notre album le plus ambitieux."

Ambitieux est certes le mot juste pour décrire ce Think Tank, qui débute par une pièce électronique de 12 minutes pour ensuite aligner des rythmes aériens, disco, punk et jazz.

Un mélange disparate qui, selon beaucoup, manque de cohérence. "Généralement, je n’aime pas ce qui possède une ligne directrice distincte. Avec ce genre d’attitude, la musique peut rapidement devenir prévisible. Chaque jour d’enregistrement, je me levais en sachant très bien que j’allais être surpris par notre travail en studio. Je n’aurais jamais eu un tel engouement si nous nous étions fixé des balises. Pour nous, faire de la musique signifie brancher ses instruments et laisser libre cours à son imagination. C’est ce qui nous a menés si loin. Nous devons repartir à neuf en tournée afin de bien rendre l’éclatement du disque."

Lors de leur passage sur la scène du Métropolis, il sera sans doute possible de constater l’évolution du groupe de visu en plus de se familiariser avec les influences plus marocaines infuses dans Out of Time et Caravan, deux des plus vibrantes pièces que le groupe ait pondues.

Le 23 juillet
Au Métropolis
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