

George Thorogood : Rock ludique
GEORGE THOROGOOD ne s’en cache pas: il n’est ni un virtuose de la guitare ni un grand écrivain. Il fait des chansons pour se faire plaisir. Et satisfaire la horde d’admirateurs qui lui sont fidèles depuis près de 30 ans.
Patrick Ouellet
Photo : Caroline Greyshock
Au commencement, George Thorogood et sa bande abordaient fougueusement chacun des concerts comme s’il s’agissait du dernier. "Et c’était souvent le cas!" s’esclaffe-t-il au souvenir de ces nombreux promoteurs qui ne réinvitaient pas le groupe à jouer. Mais des tubes tels One Bourbon, One Scotch, One Beer, Move It on Over, Bad to the Bone, I Drink Alone et Get a Haircut ont annihilé le problème au fil des années, confirmant que des thèmes comme les femmes et l’alcool sont des sources inépuisables de rock à succès. Celui que l’on surnomme affectueusement le "One Chord Wonder" (la merveille à un accord) a été grandement influencé par les John Lee Hooker, Bo Diddley, Chuck Berry et Eddie Cochran, dont il interprète plusieurs morceaux en spectacle et sur ses nombreux disques (18 au total, incluant 7 compilations et albums live). "Je n’écris pas beaucoup. Je n’ai écrit qu’environ 25 chansons dans ma vie et ça fait plus de 25 ans que je fais ce métier, alors ça fait à peu près une chanson par année… Mais je n’en écris que des bonnes!"
Adolescent, Thorogood effleure déjà la célébrité en tant que talentueux joueur de baseball au sein d’une ligue semi-professionnelle. Mais au début des années 1970, le blues de John Hammond trouve le creux de ses oreilles et le chambarde à perpétuité. Son groupe The Destroyers voit le jour en 1973 à Wilmington, au Delaware. Après des débuts laborieux, la formation déménage à Boston, où la scène blues-rock est nettement plus intéressante. George Thorogood and The Destroyers lancent leur premier album éponyme en 1977. Rien ne sera plus jamais pareil. "Ça m’a un peu bouleversé quand on s’est retrouvés à la radio. Je ne l’écoutais plus depuis un certain temps mais je savais qu’on y retrouvait surtout du top 40 et ç’a été un choc de nous entendre au travers de ça. Je disais: "Non! C’est pas sérieux!? Vous n’allez pas nous faire jouer à la radio!" Je m’en sentais presque offensé; comme si c’était une insulte. Mais aujourd’hui, ça va; j’aime ça maintenant…"
Après trois décennies passées sur la route, Thorogood n’a jamais autant apprécié les tournées. "Je m’amuse beaucoup plus qu’au début; laissez-moi dire que ce n’était pas toujours une partie de plaisir!" Par exemple, ce fameux périple en 1981, judicieusement baptisé le 50/50 Tour: 50 spectacles dans 50 États en 50 jours! Mais la cadence est plus raisonnable aujourd’hui, malgré un mois de juillet bien chargé. George Thorogood voyage en compagnie de sa légendaire section rythmique: Jeff Simon à la batterie et Bill Blough à la basse. Le guitariste Jim Suhler a récemment joint les rangs des Destroyers et c’est Eddie Shaw qui assure la partition de saxophone lors de la tournée canadienne. Thorogood a beau avoir 53 ans et admettre que ses meilleures pièces sont probablement déjà écrites, il possède toujours le feu sacré. "Trouver des nouvelles chansons, c’est ce qui m’inspire. Continuer et maintenir le niveau de succès que j’ai atteint, c’est ce qui me motive à poursuivre le travail." Et à quoi peut-on s’attendre au concert de l’Agora? "Ça va être la meilleure chose que vous ayez vue dans votre vie, qu’est-ce que vous croyez?!"
Le 24 juillet
À l’Agora du Vieux-Port
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