Musique

Hassan Hakmoun : Rituel enchanteur

Si la musique ancestrale était composée principalement de cantiques servant aux rites religieux, les seuls rituels aujourd’hui reliés à la musique populaire sont probablement ceux des "mini-Christina" se pomponnant comme leur idole. Pourtant l’auteur-compositeur marocain HASSAN HAKMOUN persiste et signe une musique issue du mysticisme islamique… quand la foi l’emporte sur le foin. Rencontre.

En quoi consiste votre style musical, le Gnawa?
"Le Gnawa n’est pas qu’une musique. En fait, ce sont des esclaves qui ont amené cette spiritualité islamique au Maroc il y a plus de 500 ans. Ces gens avaient des pouvoirs de guérison grâce à l’effet de transe engendré par la musique. C’est ce qu’on m’a enseigné et j’essaie maintenant de transmettre cette musique de façon plus contemporaine. Ce n’est pas un style musical mais une façon de vivre. Honnêtement, je ne crois pas vraiment aux styles musicaux; je suis en complet désaccord avec le fait de catégoriser la musique. La fondation de la musique est le son et ce, sans borne. C’est pour cette raison que j’accepte de jouer dans les festivals de jazz par exemple, même si on associe ma musique au worldbeat. Pour rendre ma musique plus vivante et plus moderne, j’y ajoute de toute façon des influences d’autres cultures, ça entre dans mon concept de musique en tant que transe. "

Mélanger cette musique spirituelle aux autres influences ne risque-t-il pas de tuer la tradition?
"Je ne crois pas. De toute façon, mon but est de rejoindre les gens et, pour ce faire, je dois être prêt d’eux. Depuis que je demeure en Amérique, je me rends compte que pour recevoir le message, la sonorité doit être familière pour l’auditeur. Avec la participation de Peter Gabriel et de ma femme Paula Cole, auteure-compositrice, j’ai pu chercher l’inspiration nécessaire pour communiquer mon langage musical à la masse malgré la barrière linguistique."

Mais justement, quel est le message de cette musique qui prétend guérir?
"Le message réunit les gens autour de la musique en soi, en les sensibilisant aux vrais besoins. Par la prière, ces croyances permettent de se pencher vers soi. En fait, la guérison est telle une thérapie par la musique. J’essaie de le démontrer dans mes spectacles en reproduisant les rituels, les danses, la spiritualité. Je ne deviendrai jamais riche avec ça; si j’avais voulu, j’aurais fait de la pop music. Je souhaite simplement faire du bien aux gens."

Hassan Hakmoun sera en spectacle à Ottawa dans le cadre du Festival de jazz d’Ottawa. Pour des renseignements sur l’ensemble de la programmation, consultez le www.ottawajazzfestival.com.
Hassan Hakmoun

The Gift

Triloka/Razor & Tie

Le 19 juillet
Au Parc de la Confédération (à 16h30)
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