Mi Amore : Force de frappe
Musique

Mi Amore : Force de frappe

Si les membres de Mi Amore se sont donné comme mission d’ébranler les consciences, ils y sont sans aucun doute parvenus. Impulsive et engagée, leur musique déverse un fiel où les coups de gueule et l’ironie ont toute leur raison  d’être.

C’est rassemblés autour d’une pizza dans un modeste restaurant de quartier que quatre des cinq membres de la sensation locale Mi Amore se prêtent volontiers au jeu de l’entrevue. Ils nous soulignent d’abord qu’il y a environ quatre ans, tout ça n’était qu’une idée pour s’égayer un bon coup. Une simple défonce musicale entre amis. Mais que devant l’intérêt suscité par leur musique, le projet a pris une ampleur qu’ils n’avaient pas planifiée, ni même réellement espérée. Il y a près de deux ans, l’étiquette indépendante Cyclop faisait paraître leur premier album, intitulé Crawlin’ Kingsnake, et se prépare à en faire paraître un deuxième en décembre.

"Dès le départ, on s’était entendus sur le fait qu’on ne voulait pas se casser la tête et qu’on voulait faire une musique pas trop compliquée, une musique agressive qui frappe", affirme Olivier, qui, au sein du groupe, manie la guitare. Ainsi, la composition des chansons s’effectue à travers un processus rapide et avec un certain sentiment d’urgence. Les pièces sont courtes et vont droit au but. L’énergie y est brute, la violence essentielle.

Si Mi Amore se retrouve sous la bannière du hardcore, ses membres préfèrent quant à eux parler de "musique agressive", repoussant ainsi toutes catégorisations trop simplistes. "Tu peux cerner d’où tes influences proviennent, mais cela ne te catégorise pas pour autant. Dans le groupe, on a tous des influences différentes, on est des mélomanes éclatés et on écoute vraiment toutes sortes de choses, que ce soit du hip-hop, du folk irlandais ou du funk", explique Mat, le bassiste.

Ils ont par ailleurs depuis longtemps réalisé toute l’importance du rôle que peut jouer la musique dans le cheminement idéologique d’une personne. "Quand j’étais jeune, c’est la musique que j’écoutais qui m’a enligné vers des idées que je n’aurais pas eues autrement, explique Gil, le chanteur. Au début, avec Mi Amore, je ne prenais pas vraiment cette opportunité au sérieux étant donné qu’à l’époque, on ne pensait faire que quelques shows. En fait, on disait que des niaiseries, mais à la longue, quand le projet de l’album s’est mis à se développer, j’ai considéré l’option plus sérieusement et je me suis mis à m’attarder un peu plus aux textes. Dans le fond, j’essaie de dire des choses que j’aimerais que des groupes me disent à travers leur musique."

Le propos véhiculé dans leurs chansons est donc loin de manquer de consistance. La philosophie Mi Amore est riche, intègre et clairement définie. Elle se révolte contre l’omniprésence de la dictature judéo-chrétienne et contre la vacuité d’une industrie musicale qui nous impose des artistes tous plus insipides les uns que les autres. Elle se soulève contre le sexisme, le racisme et l’homophobie et prône le végétarisme, la liberté d’expression et l’esprit D.I.Y.

En ce sens, la formation déplore que les milieux punk et hardcore aient énormément changé, qu’ils soient maintenant plus axés sur l’attitude que sur le message. "Avant, les gens s’attardaient pas mal plus à ce que les groupes avaient à dire. Beaucoup de groupes comme Simple Plan sont vus comme des groupes punk, mais ça n’a absolument rien à voir. Pour moi, c’est la même chose que N’SYNC et tous ces boys bands créés pour pogner!" affirme Olivier avant que Gil poursuive: "C’est plus du tout une réponse à cette industrie, ça en fait carrément partie. Et cette industrie ne veut que produire des hits et les groupes s’épuisent à une vitesse folle. Il n’y a plus de carrière à faire dans le domaine de la musique. Des artistes comme Pearl Jam ou R.E.M. qui sont sur des grosses compagnies, mais qui ont su rester intègres, ça n’existe pratiquement plus aujourd’hui. Mais en même temps, c’est un beau défi pour nous, parce que c’est à nous de rester indépendants et de crier plus fort que tous les autres."

Le 20 septembre

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