

Intakto : Tango partagé
La rencontre inopinée entre deux musiciens donnait le jour il y a quelques mois au premier album éponyme d’Intakto, formation comprenant le duo d’ALEJANDRO VENEGAS et SIMON CLAUDE. Là où la musique tzigane rencontre la passion du tango.
Jean-François Dupont
"Intakto, pour nous, ç’a toujours été des événements qui nous dépassent, une série de hasards qui font qu’il y a toujours quelque chose qui nous arrive." Lancée comme ça, cette affirmation d’Alejandro Venegas, guitariste et chanteur de la formation montréalaise Intakto, pourrait sembler anodine. Mais quand le musicien la sert en guise de conclusion sur les origines de son groupe, l’explication devient soudainement très révélatrice du destin le liant à Simon Claude, l’autre tête pensante de la formation. Car rien ne laissait présager de la rencontre entre les deux musiciens avant qu’une série de hasards les poussent à collaborer ensemble pour la musique d’une pièce de théâtre. De là, les contrats allaient s’accumuler pour éventuellement les mener jusqu’au Japon pour une série de spectacles.
Le point de rencontre chez Intakto se trouve dans la passion. Passion que l’on retrouve dans l’approche très tzigane de jouer du violoniste Simon Claude et dans le passé baigné de tango du guitariste d’origine chilienne Venegas. "Avant ce morceau pour le théâtre, je n’avais jamais vraiment joué du tango, explique Venegas. Mais par contre, c’est une musique que j’ai entendue toute ma vie car mes parents sont nés dans le tango! Tous les deux chantaient souvent ces airs, ce qui m’a forcément marqué."
De cette démarche autodidacte issue d’une simple mais forte magie est donc né un album, six ans après le premier contact, qui vient jeter un pont entre le tango et d’autres musiques cousines. "C’est à cause de notre formation hors du tango que nous avons décidé d’inclure d’autres genres musicaux sur l’album. Le tango demeure toujours notre cadre esthétique mais ça ne nous empêche pas de voir ailleurs. Nous n’avons surtout pas la prétention d’être des orthodoxes du genre! Alors, ça nous permet de transformer le tango et de le jouer à notre façon. Et c’est sans doute ce qui donne un aussi bon résultat…"
Quant à savoir pourquoi le tango (et ses dérivés) est toujours aussi populaire, ici comme ailleurs, Venegas a une explication toute simple et pas bête. "Avec la mondialisation, il y a eu une certaine déshumanisation dans bien des aspects, entre autres dans la musique. De par son style, les danseurs de tango doivent être très proches et ça devient très humain comme rapport. Dans ce cas, difficile d’éviter les rapprochements!"
Le 7 novembre
À La Basoche
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