

Louise Bessette : Tango tango
Plus habituée à fréquenter la musique contemporaine "costaude" que les rythmiques dansantes des musiques populaires, c’est pourtant du tango que nous présente ces jours-ci LOUISE BESSETTE, sur disque et en tournée montréalaise. Nouvelle expérience: le disque est une autoproduction. On en discute.
Réjean Beaucage
Son album Tango Diablo vient tout juste d’être lancé, trois semaines après le disque Prix Québec-Flandre (1988-2003) de la SMCQ, sur lequel elle figure comme soliste et comme lauréate du prix en 1991, une époque où il était encore offert aux interprètes (le prix est aujourd’hui réservé aux compositeurs). En octobre, elle commençait une tournée Jouer dans l’île avec quatre concerts à Montréal, une présentation de la SMCQ qui se poursuivra en novembre alors qu’elle livrera son programme de tangos dans neuf maisons de la culture. "Il y a des années, convient Louise Bessette, où je vais plus souvent au Canada anglais ou aux États-Unis, d’autres fois c’est l’Europe, mais cette fois-ci, c’est une grosse année montréalaise. D’autant plus que le 10, je participe aussi, avec la flûtiste Lise Daoust, à la remise du prix Serge-Garant de la Fondation Émile-Nelligan." Elle rit nerveusement, ayant l’impression d’en avoir trop dit: "Évidemment, je ne peux pas dire ce que je jouerai… J’ai juré de ne pas le dire!" Bon, on devra attendre la remise du prix pour connaître le lauréat. On peut tout de même dire qu’elle retrouvera Lise Daoust en février prochain pour un récital en duo à la SMCQ.
Avec des disques solos qui paraissent depuis 1988 chez SNE, Disques SRC, Mode Records ou ATMA, pourquoi se lancer soudainement dans l’autoproduction? "C’est une musique plus accessible que celles que j’interprète habituellement, explique-t-elle, alors je me suis dit que c’était l’occasion ou jamais de tenter l’aventure." Évidemment, puisque nous nous rencontrons la veille du lancement, il est difficile de prévoir s’il obtiendra une meilleure visibilité que les précédents. "Ça commence bien en tout cas: jamais auparavant je n’ai fait de lancement chez Archambault! Bien sûr, je ne l’aurais peut-être pas fait non plus avec de la musique de Messiaen ou de Scelsi… Il y a vraiment ici une volonté de rejoindre le plus de gens possible."
Le programme de la tournée dans le réseau des maisons de la culture permet de faire connaissance avec les pièces de son nouveau disque. "Il y a quelques classiques, écrits avant les années 50. Ce sont des tangos de Stravinski, Albeniz et Schulhoff. Il y a aussi Piazzolla, bien sûr, avec Adiós Nonino, puis il y a les autres. Il y a quelques années, je faisais des recherches d’oeuvres pour piano reliées à la danse, et on m’a parlé d’un disque d’Ivar Mikhashoff consacré au tango. J’ai adoré le disque et je suis entrée en contact avec l’étiquette New Albion, qui m’a fourni les adresses des compositeurs auxquels Mikhashoff avait commandé des oeuvres. J’ai reçu plusieurs des partitions et j’y ai pris goût, alors j’en ai inclus quelques-unes. Il y a aussi deux oeuvres écrites spécialement pour moi. J’en ai demandé une à Raoul Sosa, qui a été mon professeur et qui est argentin et grand improvisateur de tango. Il l’a intitulée Für Louise! C’est un immense tango, la pièce majeure du disque. Et il y a celui que Barbara Kolb a dédié à mon fils, Antoine’s Tango, que j’appelle Tango-berceuse."
Rassurez-vous, tout cela n’a strictement rien d’endormant, bien au contraire. Et elle sera bientôt près de chez vous!
Du 9 au 24 novembre
Dans le réseau des maisons de la culture
Information: (514) 843-9305