

Philippe Noireaut : Connaître la chanson
Le pianiste et chanteur PHILIPPE NOIREAUT aime tous ses métiers. Accompagnateur, compositeur et auteur, chanteur, jazzman, il laisse parler son instrument au rythme de ses envies.
Catherine Lefrançois
Photo : Laurent Boutéraon
Entre de nombreuses commandes d’oeuvres pour la scène, le grand écran ou des interprètes comme l’ensemble I Musici de Montréal, Philippe Noireaut prend le temps de se faire plaisir. Franco-Tango, son spectacle solo, présenté sous peu aux Oiseaux de passage, est un retour à une vieille passion. "J’adore le tango contemporain, le jazz tango. C’est une musique qui a énormément de racines dans la musique classique. C’est une musique sensuelle et violente, mais aussi désuète et amusante." Le résultat est un "florilège de tangos", de chansons françaises d’horizons variés. Astor Piazzola y côtoie Léo Ferré, Pierre Philippe, Boris Vian. Des chansons provocatrices ou tendres, souvent visitées ou moins connues.
Car la chanson, il la connaît, en long et en large. Après des études au Conservatoire d’art dramatique de Paris et une carrière de comédien, il est venu à la musique par l’accompagnement. Reggiani, Nougaro, Vigneault, pour ne citer que les plus connus. Puis, il s’est tout naturellement mis à chanter à son tour. "J’ai toujours été accompagné et nourri par le texte. Pour moi, c’est une occasion de théâtre total. Un tour de chant devient une série de tableaux, d’univers. C’est comme retrouver mes racines théâtrales par le métier de chanteur." Alimenté par la poésie, Philippe Noireaut la vit au quotidien par la chanson. "Mais je n’aime pas l’expression chanson à texte. Je préfère dire chanson réelle", précise-t-il.
Mais qu’est-ce donc qui fait une bonne chanson? D’abord, la perception qu’on en a, nous assure le pianiste, le moment où on la reçoit. "C’est la belle conjonction entre un texte authentique et une musique qui parle. On peut évidemment m’objecter que la pire des daubes peut aussi être une chanson réussie." Léger temps de réflexion. "Au fond, je suis assez content de ma définition, car elle ne fâchera personne. Ça appartient à tout le monde. C’est un peu pour cette raison que je tenais à mettre quelques chansons désuètes dans le spectacle, Le Plus Beau Tango du monde, par exemple. C’est une manière de leur rendre hommage." Saisir le plaisir quand il passe, voir la beauté là où elle se trouve, c’est la sagesse du musicien. "J’étais plus radical il y a 20 ans; je crois que j’ai vieilli. On a le droit de verser une petite larme, de s’attendrir. On n’est pas obligé de faire un discours politique à chaque page."
Les 14 et 15 novembre à 20 h
Aux Oiseaux de passage
Voir calendrier Chanson