Les lauréats de Granby en tournée : Airs d'aller
Musique

Les lauréats de Granby en tournée : Airs d’aller

Pour une troisième année d’affilée, les lauréats du Festival international de la chanson de Granby partent en tournée, histoire de s’initier à la vie sur la route. Le rocker à rastas STEEVE THOMAS ne risque certes pas de s’y sentir trop  dépaysé…

Le musicien natif de Jonquière a en effet cédé depuis longtemps à ses pulsions nomades. "Je faisais mon cégep en musique à Alma, puis j’ai décidé d’arrêter ça en plein milieu; je suis parti en moto triper au BC… et je suis revenu 10 ans après!" explique le récipiendaire du 1er prix dans la catégorie Auteur-compositeur-interprète, à la 35e édition du prestigieux festival. Habitué des chorales et adepte de la guitare depuis l’enfance, il apprend les rudiments de la scène sur les planches de Colombie-Britannique, au sein de la formation Blue Juice. "C’est là que tout est parti; on a joué dans les bars, ben du blues et du classic rock, puis on a réussi à vivre de ça pendant un bout de temps", le tout menant à une victoire au concours Chant’Ouest à Vancouver en juin dernier, ce qui allait l’inciter à tenter sa chance du côté de Granby, cet automne.

C’est au cours de l’hiver 2002 que Steeve Thomas choisit de délaisser un brin la langue de Shakespeare pour renouer avec Molière. "C’est un projet auquel je pensais depuis longtemps. Écrire en français, c’est une technique bien différente, c’est complètement un autre buzz. Le band n’était pas vraiment intéressé par ça, mais moi, j’avais le goût de me replonger là-dedans", relate-t-il, spécifiant que ses premières compositions étaient francophones. "Le français, c’est une forme d’expression qui permet de mieux décrire, d’en dire davantage et d’aller plus en profondeur. C’est plus précis et c’est aussi beaucoup plus émotif comme langage, comparativement à l’anglais qui est plus rythmé, mais en même temps plus basic. J’avais le goût de triper là-dessus et de faire une sorte d’expérience… Puis ç’a bien été! "

Géniteur d’un rock bigarré aux inflexions blues – "c’est de la musique "sale"", avance-t-il pour toute description -, Thomas s’intéresse d’abord aux thèmes liés à l’ordre social, qu’il aborde sans passer par quatre chemins. "Je traite pas mal des maux de société, comme le matérialisme à l’extrême, les vides pas comblés des différents types de gens; c’est pas mal du chialage sur la société, mais j’essaie que ça ne soit pas du chialage tannant… J’ai tripé ben gros à faire du pouce puis à vivre dans des communes et, je ne sais pas, il y a comme d’autres valeurs qui me sont apparues en cours de route… Et c’est sûr qu’on parle toujours du fameux amour au travers de tout ça, ou encore de notre chien qui déchire les tapis, des troubles de char aussi…(rires); un petit peu de tout!"

Au cours de cette série de 10 concerts en province qui prendra fin le 30 janvier, Thomas partagera la scène avec les musiciens de Dumas, parrain de cette tournée mise en scène par Luc De Larochellière, où seront aussi en vedette les autres grands gagnants de l’édition 2003: l’interprète originaire de Guadeloupe Sénaya, et le Kitchose Band, groupe qui s’était illustré au CONGA en 2001. "Le mix est cool et l’équipe est ben tripante! Ça fait vraiment un beau mélange; tout le monde joue avec tout le monde! Par exemple, je vais faire des back vocals dans les tounes à Dumas, lui vient dans une de mes chansons, même chose pour le Kitchose Band et Sénaya… Alors on tripe pas mal!"

Le 23 janvier à 20 h
Au Théâtre Petit Champlain
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