Sam RobertsBuck 65 : Retour de son
Musique

Sam RobertsBuck 65 : Retour de son

Sam Roberts
Le vendredi 6 février au Cabaret du Capitole

Bête de scène
Alors qu’il y a un an, Sam Roberts n’avait réussi à attirer que quelques curieux au Cabaret du Capitole, c’est avec 450 personnes, 450 cœurs déjà solidement conquis, qu’il avait rendez-vous au même endroit vendredi dernier. Des premiers accords de la soirée jusqu’au tout dernier soubresaut du rappel, il se sera livré avec simplicité, enthousiasme et, surtout, avec énergie. Car malgré qu’il se soit complètement défoncé en interprétant chacune des pièces, il n’a perdu au cours de la prestation aucune once de la vitalité avec laquelle il l’avait entamée. Celui qui montre une grande complicité avec ses musiciens entretient un lien tout aussi étroit avec la foule, qu’il mène de main de maître (jusqu’à lui faire chanter en chœur le thème du Carnaval!). Pour ouvrir le rappel, il nous balance une chanson d’amour en français, qu’il nous sert avec une humanité, voire une naïveté, désarmante, prouvant que parfois, ce genre de propos n’a besoin d’aucun détour pour être révélé. Oui, on peut trouver que les chansons de Sam Roberts ne réinventent pas le genre, qu’elles sont efficaces, sans plus. Mais il faudrait être insensible pour ne pas être touché quand cet artiste monte sur une scène et nous fait profiter de son amour du rock’n’roll. (C. Risler)

Buck 65
Le samedi 7 février au Cabaret du Capitole

Le bonheur est dans le flot
Surgirent d’abord les rigolos Vaudevillains (l’énigmatique Matt Woodley derrière sa batterie rouge, l’habile jongleur Joe Cobden derrière ses sabres et raquettes de tennis) qui, au lieu d’offrir une première partie, allaient se mêler épisodiquement au concert par des tours d’adresse et des jeux interactifs avec le public. Puis vint la rencontre avec le curieux bonhomme des Maritimes. Ayant pour instruments premiers cordes vocales et poésie, Buck 65 crève la scène, même seul sous les projecteurs. Son groupe cobaye Savant Guard est en boîte pour la soirée, mais la richesse des sonorités et le groove des échantillons gardent l’ouïe aux aguets. Le langage est fluide et bien audible, les textes rythmés donnant vie à des histoires réflexives qui interpellent. Mimes et pas de danse à l’appui, il enchaîne les pièces avec conviction, alternant entre quelques spins de table tournante et un saut au micro pour "francophiler" de sa voix ténébreuse avec la foule attentive. Il pige allègrement dans son vaste répertoire, en délivrant une palette d’extraits où cohabitent country, trip-hop, métal, dub ou rock, le tout "rappé" sans faille par ce gaillard à la timidité sympathique, scintillant d’humour et de simplicité, sorti tout droit d’un bled près de Halifax. Difficile de résister et plutôt agréable de se retrouver à court d’étiquettes. (P. Ouellet)