Moonraker : Entre copains
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Moonraker : Entre copains

Aux dernières nouvelles, la formation rock montréalaise Moonraker, qui a remporté le concours l’Esprit CHOM en 2001, faisait ses boîtes pour Toronto, histoire de tâter le pouls de la Ville-reine, qui semblait lui démontrer un certain intérêt. La fin de semaine prochaine, le samedi 27 au Swimming, c’est un tout autre groupe portant le même nom qui nous visitera. Originaire de Boston, cet autre Moonraker donne dans un électro-rock pop et varié. Ironiquement, le combo a déménagé lui aussi, optant récemment pour la jungle aux artistes qu’est New York.

"Nous avons formé le groupe à la fin des années 90, à Boston, alors que nous étions tous étudiants à l’université", explique le claviériste Dan Chen, également serveur dans un resto de Brooklyn où il prend une pause de 15 minutes pour nous accorder l’entrevue. "Par contre, nous ne sommes pas tous natifs de Boston. Je viens de Toronto et notre chanteuse, Kelli Scarr, vient de Californie. Une fois nos études terminées, nous avions encore envie de bouger. Notre réputation se portait très bien et nous avions des copains à New York. Pour nous, c’était comme passer à une étape supérieure."

Si Moonraker ne vous est pas familier, ses amis new-yorkais et torontois le sont peut-être un peu plus puisque le quintette fréquente la même clique que les formations canadiennes Metric, Stars et Broken Social Scene. Lorsqu’on constate que Moonraker nous a visités deux fois au cours des six derniers mois, les choses commencent à s’éclaircir. "Venant de Toronto, je connaissais déjà la scène canadienne. Nous avons donné des concerts avec ces groupes, et Broken Social Scene nous a grandement influencés pour la composition de notre prochain album. Il sera un peu moins pop et plus travaillé au niveau des ambiances." Ce disque, disponible à la mi-avril et intitulé Peeg Vater, succédera à l’album éponyme lancé en 2003. Un compact rock, très sucré et légèrement R&B. Un mélange rock de Nelly Furtado et India.Arie relevé d’une touche électronique aux influences trip-hop. Kelli Scarr se donne parfois même des allures de Björk. "À la base, nous voulions être très axés sur les musiques électroniques. Avec le temps, nous avons commencé à donner des formes plus classiques à nos compositions. Nous utilisions toujours des boucles, mais nous cherchions aussi quelque chose de plus organique et de moins froid. Aujourd’hui, l’évolution se poursuit alors que nous abordons un côté plus expérimental."

Pour Moonraker, être plus expérimental ne signifie pas plonger dans le monde des effets sonores et des bruits insolites. On a plutôt l’impression que leur récent contact avec Broken Social Scene les a amenés sur un terrain moins léché et plus complexe musicalement. "Deux membres du groupe ont étudié en cinéma, ils ont développé un goût particulier pour les trames sonores et les ambiances qui s’en dégagent. Pour nous, être plus expérimental s’inscrit dans cette lignée: offrir une pop moins polie, plus travaillée et toujours accrocheuse."

Le 27 mars
Au Swimming