Calvin Johnson : Création en aval
Musique

Calvin Johnson : Création en aval

Sur son avant-bras gauche, Kurt Cobain arborait un tatouage de la lettre K centrée dans un bouclier, soit l’emblème de l’étiquette K Records. Au même titre que l’esprit artistique du collège Evergreen State et que la radio KAOS, le label fondé par le chanteur de Beat Happening, Calvin Johnson, est en grande partie responsable de l’explosion musicale indépendante de la ville d’Olympia, Washington. À l’époque où il faisait un tabac avec Loser, Beck s’était même permis de lancer deux albums indépendants sur K; alors que dans son livre Our Band Could Be Your Life, l’important auteur et journaliste rock Michael Azerrad classe l’œuvre de Calvin parmi les plus signifiantes de la décennie 80.

"Je n’ai jamais entendu parler de ce livre", rétorque Johnson, assis dans les bureaux de son entreprise. C’est que le chanteur à la voix de baryton ne s’intéresse visiblement pas au passé, bien que K réédite cette année les albums de Beat Happening. "Je suis beaucoup plus excité par ce qui se passe aujourd’hui que par l’effervescence d’il y a 20 ans. K n’a jamais travaillé avec d’aussi bons artistes que Jason Anderson, The Blow ou Mirah."

On pourrait avoir l’impression que Calvin porte ici son chapeau d’homme d’affaires, mais le fondement même de sa philosophie repose sur des bases beaucoup plus louables que l’appât du gain. Tout comme le passé, les notions d’argent, de retraite et de compromis commerciaux n’occupent pas les premiers rangs sur la planète Calvin. La création et le soutien de la scène indépendante doivent demeurer continus. Demandez-lui le moment qui a marqué son existence musicale, il vous répondra: "le Calvin Johnson Carnival Party de Montréal!" alors que le concert se déroulera le 18 juin 2004…

Premier passage à Montréal pour Calvin depuis 96, l’événement risque effectivement d’être grisant puisqu’il offre le compositeur sur un plateau d’argent. En plus des jeux carnavalesques qui ponctueront la soirée, le chanteur pop minimaliste ira d’une performance solo légèrement improvisée. "Mes concerts diffèrent d’une ville à l’autre, je n’établis jamais l’ordre de mes chansons à l’avance. Lorsque je termine une pièce, je prends le pouls de l’auditoire pour choisir le prochain morceau de mon répertoire." L’homme se promènera donc entre les compositions de son dernier disque, What Was Me, celles des Halo Benders et même celles de Beat Happening. Tout dépendra de sa santé mémorielle.

Le 18 juin
Au El Salon à 21 h