Eleni Mandell : L'amie américaine
Musique

Eleni Mandell : L’amie américaine

N’allez surtout pas demander explicitement à ELENI MANDELL d’inspecter les fondations de ses chansons, ou encore de révéler la recette de l’improbable alchimie qu’elle pratique. "Je n’en ai pas la moindre idée, je ne veux pas y penser, j’écris des chansons, elles surviennent, c’est tout", vous répondra-t-elle en rigolant. Pourtant, cinq minutes plus tard, elle dévoile sans qu’on lui demande une part du réel qui se cache derrière ses compositions les plus intimes. Touché!

D’abord considérée comme une émule de Tom Waits dont le ton de voix n’était pas sans rappeler celui de PJ Harvey, on l’a vue s’émanciper de ces filiations pour ensuite emprunter le sillage de Patsy Cline avec son récent Country for True Lovers.

Mais alors que son tout dernier-né, Afternoon, la révèle plus ou moins assise entre deux chaises, Eleni Mandell paraît plus intéressée par les détails techniques de ce nouvel essai, évacuant les questions concernant son changement d’attitude face à l’Amérique et ses mythes, vantant plutôt les mérites de la formation avec laquelle elle a enregistré Afternoon: "C’est très organique, beaucoup plus aéré, dira-t-elle. J’ai atteint une zone de confort très agréable avec ces musiciens puisque nous avons donné plusieurs concerts ensemble, et je voulais que cela transpire sur cet album."

Si Afternoon n’est pas un disque country, comme son prédécesseur, il en emprunte l’esprit, et les textes de Mandell s’avèrent plus intimes que par le passé, loin du conte urbain trash auquel elle nous avait habitués. "Mes chansons sont autobiographiques, révèle-t-elle, mais j’ai une grande imagination, alors j’embellis la réalité. Par contre, je conçois cette réalité autrement. La chanson Afternoon, pour moi, est vraie parce qu’elle parle d’un coup de foudre que j’ai eu pour quelqu’un, même s’il ne s’est jamais concrétisé physiquement. Si ça s’est passé dans ma tête, pour moi, c’est vrai."

Et qu’en est-il de ce petit morceau de courage qu’est Dangerous, pièce brûlante d’un érotisme que Mandell n’assume qu’à moitié? "Idéalisée elle aussi, un produit de mon imagination, mais quand j’y pense, elle me gêne un peu, cette chanson. Il faut que j’oublie le public pour pouvoir la chanter. Ça prend du courage, mais aussi beaucoup d’expérience pour parvenir à oublier devant qui je chante cela. Comme je dis toujours, je n’ai pas peur de prendre des risques, même si je peux en être gênée plus tard."

Le 11 juillet à 21 h
Au Cabaret du Capitole
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