Madeleine Peyroux : La caresse du swing
Musique

Madeleine Peyroux : La caresse du swing

Madeleine Peyroux nous permet de renouer, dans une atmosphère teintée du swing relax des années 30, avec de grandes chansons d’amour qui parlent toujours au présent.

En 1997, la chanteuse de jazz Madeleine Peyroux séduisait la critique et le public de jazz en interprétant d’une façon originale des chansons de Bessie Smith et de Billie Holiday. Elle connut un succès presque immédiat… qui n’alla pas sans créer des attentes et entraîner une forte pression. "C’est sûr qu’à un certain moment, il y a eu une forte incitation à rendre la musique accessible, plus commerciale. Je ne savais plus vraiment ce que je voulais faire. Je me posais un tas de questions. Que représentait ce type de jazz pour le public? Est-ce que les gens aimaient cela par nostalgie ou par désir de divertissement?"

Après une absence de presque sept ans, Madeleine Peyroux nous offre des chansons faisant vivre toute la gamme des émotions amoureuses dans une enveloppe sonore moins inspirée de country-blues et davantage d’un swing proche des classiques de grands compositeurs des années 30, d’un folk contemporain à la Bob Dylan et Leonard Cohen. Larry Klein, producteur de plusieurs disques de Joni Mitchell et plus récemment du travail de Holly Cole, signe la direction artistique de Careless Love. Avec des complices de longue date comme Larry Goldings (piano), Dean Parks (guitare) et David Piltch (contrebasse), il a insufflé à l’album une tonalité résolument swing. Ce disque, Peyroux le dédie aux poètes. En exergue, des mots de Dylan Thomas: "Thomas parle de ce qui est commun à tous les hommes. Le poème dont j’ai tiré quelques vers parle de la condition de l’artiste, mais aussi de l’amour universel. C’est la raison pour laquelle on vit. Cet album est ainsi devenu un album de chansons d’amour. Mon choix de chansons a été très intuitif. Ces auteurs-compositeurs font partie de mon éducation." L’interprète fait une belle relecture de remarquables chansons de Dylan (You’re Gonna Make Me Lonesome When I Go) et de Cohen (Dance Me To the End of Love) dans des arrangements de jazz swing et relax à la fois: "Ces chansons, je les ai découvertes quand j’étais adolescente. C’est du folk puissant et intelligent. C’est la même chose avec Hank Williams. Je fais de lui Weary Blues. Quand une chanson parle de quelqu’un qui a perdu quelque chose, je suis touchée. Mon expérience de vie m’a appris ce que ces chansons signifiaient."

Madeleine Peyroux a baigné dans deux univers culturels, celui des États-Unis et celui de la France. Elle fait aussi la célèbre chanson de Vincent Scotto J’ai deux amours: "J’ai vécu la moitié de ma vie à New York et l’autre à Paris. J’aimais cette société plus socialiste, avec ses artistes, ses philosophes, cet art de la pensée. Cette chanson-là, qui date de 1933, c’est une chanson avec laquelle j’ai grandi. J’aimerais faire un jour La Javanaise, de Gainsbourg." Commentant la texture musicale donnée à l’album, Peyroux estime que cela reflète l’évolution de la musique américaine: la forte empreinte du blues dans les années 20 et l’ambiance du swing des années 30.

Le 11 novembre
À La Tulipe
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