The Rasmus : Droit devant
Musique

The Rasmus : Droit devant

The Rasmus a lancé son cinquième disque en Amérique du Nord dans l’intention de conquérir le plus de gens possible. Pas question, cependant, de le faire à n’importe quel prix.

Rencontrés au lendemain de leur premier concert au Québec, en mai dernier, le chanteur Lauri Ylönen, le guitariste Pauli Rantasalmi, le batteur Aki Hakala et le bassiste Eero Heinonen s’étaient dits très surpris de l’enthousiasme du public, qui connaissait par cœur les chansons de Dead Letters, le premier album du quatuor finlandais lancé de ce côté-ci de l’Atlantique. Les gars avouaient néanmoins que pour eux – qui sont des vedettes dans leur contrée natale depuis une dizaine d’années déjà -, la conquête du marché américain représentait un défi, certes, mais pas une obsession.

Six mois plus tard, Eero Heinonen tient le même discours. De toute évidence, pour le bassiste, le succès est une notion relative qu’il préfère ne pas analyser trop en profondeur, de peur qu’il ne se transforme en mirage. Mieux vaut profiter de l’instant présent. "Quand on a enregistré Dead Letters il y a deux ans, on ne s’attendait pas à ce que les gens l’aiment autant. On avait pour seule intention d’enregistrer un autre disque, qui plairait à notre public habituel, en Finlande. On ne se doutait pas qu’on vendrait plus d’un million de copies. Je ne peux même pas te décrire l’émotion qu’on a ressentie en apprenant que Dead Letters figurait sur les palmarès de l’Allemagne et de la Grande-Bretagne. Ça fait 10 ans qu’on met tous nos efforts dans la musique et je ne crois pas qu’on s’habitue jamais vraiment au succès", estime Eero. N’empêche, le bassiste prend la chose avec un grain de sel, d’autant plus que The Rasmus passe maintenant inaperçu en Finlande. "Quand on participe à une émission de télévision, les gens nous reconnaissent par la suite, mais sinon on passe inaperçu, surtout depuis qu’on est presque toujours à l’extérieur du pays", explique-t-il.

C’est d’ailleurs alors qu’il se trouvait loin de chez lui, sur la scène du Reading Festival en Angleterre, que The Rasmus a connu son premier échec. Le quatuor a dû quitter la scène, noyée sous une pluie de projectiles, 15 minutes après le début de son spectacle. Eero ne s’en fait pas trop au sujet de cet événement: "Les gens ont tendance à croire qu’un groupe qui connaît beaucoup de succès rapidement ne va pas durer. C’est ce qui s’est passé en Angleterre. J’y ai repensé ensuite, puis j’en suis venu à la conclusion qu’on avait fait nos classes. Malheureusement, tout le monde ne sait pas qu’on a quatre autres disques à notre actif", affirme le bassiste, dont le groupe lancera un DVD fin novembre.

En plus de l’habituel concert, des vidéos et d’une entrevue, The Rasmus réserve une surprise à ses fans: "Ils doivent chercher la pièce cachée. Ça vaut la peine", jure Eero. Il ajoute à l’intention de ceux qui attendent impatiemment du nouveau matériel qu’ils trouveront sur le DVD des pièces que le public nord-américain n’a pas encore entendues. Mais justement, à quand le sixième album? "On a composé des nouvelles chansons, mais avant de penser au prochain disque, on préfère vivre le moment présent et profiter pleinement des prochains concerts. Ensuite seulement, on pensera au prochain disque", conclut sagement Eero.

Le 14 novembre
Au Théâtre Capitole
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