Lars Frederiksen and the Bastards : Hors-la-loi
Musique

Lars Frederiksen and the Bastards : Hors-la-loi

Quand Lars Frederiksen délaisse temporairement Rancid pour prendre les commandes de ce projet parallèle, ce n’est pas pour explorer de nouvelles voies musicales. Il ne désire que faire durer le plaisir.

"Ce projet n’est en fait qu’une extension de Rancid, affirme Lars Frederiksen. Tim (Armstrong, chanteur de Rancid) et moi écrivons nos chansons exactement de la même manière; la seule différence réside dans le fait que nous sommes accompagnés de musiciens différents." Deux chansons destinées à l’origine à Rancid figurent d’ailleurs sur le dernier album de Lars Frederiksen et ses Bastards, paru il y a quelques mois. "J’adore faire ce que je fais; la musique est une passion qui me permet de toujours être en présence d’amis et de visiter de nombreux endroits, alors pourquoi je m’arrêterais? Je suis dans le domaine du punk-rock depuis 22 ans… Ça ne changera jamais."

Après deux rendez-vous téléphoniques qu’il n’a pas daigné honorer, on pouvait s’attendre à discuter avec un homme qui n’a que faire du jeu médiatique, mais surprise, c’est finalement à quelqu’un d’absolument gentil et conciliant qu’on a affaire. Quelqu’un qui n’hésite pas à nous livrer quelques parcelles de son enfance afin d’expliquer d’où provient le titre de son album, Viking: "J’ai des origines danoises et lorsque mon frère et moi étions enfants, ma mère nous lisait des récits issus de la mythologie nordique et des légendes scandinaves. Donc, les vikings font partie de mon héritage et je considère que ce sont des types qui ressemblent aux vrais punk-rockers. Ils vont où ils veulent quand ils le veulent. Ils n’ont pas de tête dirigeante, aucun système ne les gouverne, ils sont totalement libres. Ils s’expriment avec agressivité et n’en font qu’à leur tête. Et c’est pour moi une image de ce que je suis: je fais ce que je veux et je me fous bien du reste."

Suffit d’ailleurs de voir sa gueule de truand et ses postures insolentes pour se douter que le personnage ne fait pas tout à fait dans la dentelle. Ses hymnes punk-rock dépeignent sa jeunesse passée à Campbell, bled californien où il a trempé à maintes reprises dans des histoires plutôt louches. Violence, sexe, drogue et alcool y tenaient les premiers rôles, et il est loin de faire dans la métaphore ou dans la subtilité quand il les évoque dans ses chansons. L’époque ne semble d’ailleurs pas vraiment révolue, du moins à en croire les photos qui illustrent le livret de son album, lesquelles présentent des jeunes groupies adoptant de douteuses attitudes dans de miteuses chambres d’hôtel.

"Je crois quand même être devenu une meilleure personne au fil des ans, à travers toutes les expériences que j’ai vécues. Mais je suis qui je suis et rien n’y changera quoi que ce soit." Et lorsqu’on lui demande ce qu’il serait devenu s’il ne s’était pas engagé sur la voie de la musique, c’est avec grande spontanéité qu’il répond simplement qu’il serait devenu criminel. "Je sais que cela paraît absolument cliché, mais je peux dire que le rock’n’roll m’a sauvé la vie…"

Le 5 décembre à 19 h
À l’Anti