

Nico Lelièvre : La vie est belle
Nico Lelièvre désarçonne par son franc-parler. Partageant de bon cœur sa troublante histoire, il présente avec enthousiasme un premier album solo empreint d’optimisme, P’tit Gamin.
Patrick Ouellet
Fils de mère junkie et de père inconnu, l’auteur-compositeur-interprète Nico Lelièvre voit le jour à Nice en 1974. Sa famille adoptive traverse au Québec quelques années plus tard et, très jeune, l’écriture s’impose. "Ç’a été mon premier médium naturel, les poèmes. J’ai été adopté, ou on pourrait dire recueilli, par des gens qui ne pouvaient pas avoir d’enfants. Mais ils ont fini par en avoir un, alors ils m’ont mis de côté… C’est là que j’ai commencé à écrire des poèmes puis à les mettre en dessous de l’oreiller de ma mère adoptive; c’est le manque d’affection qui m’a fait développer cette envie d’attirer l’attention", explique-t-il sans l’ombre d’une réserve. "Ça ne me dérange pas de parler de choses personnelles. Je dirais que ça me touche, puis je l’exprime. Tout ça fait partie de mon karma, alors je l’accepte; je le vis mieux comme ça, on dirait…"
À 18 ans, il retourne en France à la recherche de sa mère naturelle – "Oui, je l’ai retrouvée; maganée, mais je l’ai retrouvée…" – et c’est sur un piano de Lyon que naîtra sa passion pour la musique. "La première fois que j’ai mis les mains sur un clavier, j’ai joué pendant 45 minutes, et on aurait dit que c’était pas moi qui jouais! Il y avait vraiment de l’émotion; les mains m’allaient toutes seules, et je sentais comme des frissons dans mon dos. Il s’était passé quelque chose; même aujourd’hui, j’en reviens pas… Je pensais à ma mère à ce moment-là, et j’ai compris que mon émotion se transcrivait super bien avec la musique…"
Après quelques passages remarqués au Festival international de la chanson de Granby puis d’enrichissantes expériences avec Popmécanic et The Eight, Lelièvre lance maintenant P’tit Gamin (GSI), un premier essai solo à saveur pop-rock, coréalisé avec le Britannique Neil O’Connor (Human League, The Box). "J’ai peut-être 1000 tounes d’écrites, et là-dessus, j’ai choisi les 12 joyeuses pour l’album; le reste, c’est trop dark… Le mandat que je me suis donné, c’est d’écrire de la musique positive; quelque chose qui fait réfléchir, mais qui reste quand même joyeux…"
Nico Lelièvre
P’tit Gamin
GSI Musique