Alain Lefèvre : Airs frais
Musique

Alain Lefèvre : Airs frais

Alain Lefèvre est porte-parole du 28e Festival de Lanaudière, où il nous fera entendre la musique d’André Mathieu.

Le fait d’être porte-parole de l’un des plus grands festivals de musique classique au Québec s’inscrit parfaitement dans le cadre de la "mission" que s’est donnée le pianiste Alain Lefèvre: celle de répandre le goût de cette musique trop souvent négligée. Un sujet à propos duquel le porte-parole, rencontré chez lui, n’a pas la langue dans sa poche: "Je suis évidemment touché que l’on m’ait demandé de représenter le festival et il est vrai que c’est aussi un prolongement de ce que j’essaie de faire de mon côté en rencontrant des jeunes dans les écoles ou en animant une émission le dimanche matin à Espace musique; d’un autre côté, je vois l’esprit de fête qui s’empare des gens quand arrivent le Festival de jazz ou d’autres festivals du genre et je me désole de ne pas retrouver cet esprit festif lorsqu’il est question d’un festival de musique classique. L’acoustique de l’Amphithéâtre de Joliette est exceptionnelle et la programmation est vraiment extraordinaire, que l’on pense à Ben Heppner, à Angela Hewitt, à Luc Beauséjour ou à Nikolaï Lugansky; il me semble que ça devrait être l’occasion d’une belle fête. Mais elle ne va pas très bien, la musique classique… On sait que les orchestres ont de plus en plus de difficultés, partout, que les disques se vendent moins, etc. On a perdu une partie de notre public à jouer et rejouer toujours les mêmes choses…"

Un reproche que l’on peut difficilement faire au pianiste qui, s’il a enregistré Rameau, Brahms, Chopin ou Rachmaninov, a aussi porté au disque des musiques de John Corigliano, d’Alain Payette, de Boris Petrowski ou d’André Mathieu. "Depuis que j’ai fait celle de Petrowski sur mon dernier disque, j’ai été contacté par de nombreux jeunes compositeurs qui veulent aussi que leur musique soit jouée. Il y en a beaucoup, mais beaucoup! Toutes les sociétés de concert devraient inclure des musiques de jeunes compositeurs à leur programme."

Le concert d’ouverture durant lequel Alain Lefèvre interprétera le Concerto de Québec de Mathieu se fera évidemment sans l’OSM, dont les musiciens sont toujours en grève. "Je suis triste de ce qui arrive à l’OSM, commente Lefèvre; c’est vraiment dramatique. Les gens se sont bien habitués à vivre sans hockey… Notre société oublie très vite et cette grève-là a déjà trop duré. Avec tout le respect que l’on doit à messieurs Dutoit et Nagano, il ne faudrait pas oublier qu’un orchestre, c’est surtout des musiciens, et ceux de l’OSM sont parmi les meilleurs. Ils peuvent bien, en ce sens, aspirer à un meilleur traitement. Et s’il manque de l’argent parce qu’il manque du public dans la salle, c’est encore une fois parce que nous avons failli à notre tâche d’assurer son renouvellement." Quoi qu’il en soit, c’est "l’Orchestre du festival", sous la direction de Gregory Vajda, qui sera derrière le soliste. "On m’a assuré que ce seraient des musiciens de première qualité et je n’ai aucune raison d’en douter. On sait malheureusement trop bien qu’il y en a un grand nombre qui cherchent du travail! Le concerto est difficile… Mathieu avait 13 ans quand il l’a composé, alors ça bouge beaucoup… Le tempo change souvent, il y a trop d’idées! Mais je suis confiant que l’orchestre saura s’y faire."

À l’occasion de ce concert, madame Marie-Ange Mathieu, veuve du compositeur, assistera à l’interprétation du Concerto de Québec. "La musique de son mari fait partie de notre histoire et je pense qu’il ne sera pas déplacé de lui rendre hommage", ajoute Lefèvre. Au même programme, Nikolaï Lugansky interprétera le Concerto pour piano no 1 de Tchaïkovski.

www.lanaudiere.org

Le 9 juillet
À l’Amphithéâtre de Lanaudière
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