Final Fantasy : Un garçon pas comme les autres
Musique

Final Fantasy : Un garçon pas comme les autres

Le très surprenant Final Fantasy revient à Montréal après un passage remarqué en avril dernier, au Corona, où on l’avait vu ouvrir et lever l’archet pour les enfants chéris d’Arcade Fire.

En préambule du dernier spectacle d’Arcade Fire au Corona, en avril, un timide blondinet torontois nommé Owen Pallett se présente sur scène avec son violon, quelques pédales et un ordinateur. Après avoir brièvement salué la foule, il joue une suite de notes, que l’ordinateur met en boucle, y va d’une nouvelle suite de notes qui se superpose à la première, et ce manège se répète quatre fois ou plus, selon les chansons; lorsque la musique est prête, la voix de Pallett se mêle à l’ensemble et le tout donne des chansons aux mélodies complexes et aux titres aussi évocateurs que The CN Tower Belongs to the Dead, The Chronicle of Sarnia, Ontario et Adventure.exe. Bienvenue dans l’univers singulier de Final Fantasy.

"J’ai vu des gens utiliser les ordinateurs pour faire des boucles (loops) musicales et ça m’a donné envie de coucher sur papier des musiques basées sur cette technologie", confie Pallett entre deux séances d’enregistrement en studio de son deuxième album poétiquement intitulé He Poos Clouds (et qui se veut un mélange de cris humains et de cordes!).

Lorsqu’on entend les chansons de Final Fantasy, on hésite à leur accoler l’étiquette "pop". "Je sais! Quand je parle à des musiciens issus de cette culture, ils disent que je fais de la musique classique; mais pour les musiciens classiques, je fais de la musique pop! Il n’y a pourtant aucune différence marquée entre la pop et le classique, car ce sont des musiques écrites. Le seul genre musical vraiment à part, c’est le jazz, à cause de ses improvisations. Mais c’est vrai que j’ai une formation en opéra, et quand j’écris mes chansons, je m’inspire de Bartok, Schubert ou Scriabine, et non de Cheap Trick. Certains musiciens jamment pour composer leurs chansons, moi je les écris sur des feuilles de musique."

Visiblement, Pallett est un passionné de musique; il avoue même avoir un faible pour la musique francophone d’ici! "Historiquement, le Québec est la province où il s’est composé la meilleure musique au Canada. Il y a du bon hardcore en Ontario, du vrai bon country dans les Prairies et des chansons à répondre pas mal dans les Provinces maritimes; mais au Québec, et principalement à Montréal à cause de l’influence de la chanson à texte française, vous avez des groupes absolument incroyables. Je pense à Harmonium ou à Beau Dommage, par exemple. Tous les palmiers, mon Dieu! Quelle chanson extraordinaire! Et j’adoooore Les Sultans! Le Québec a été la seule source de bonne musique canadienne des années 60 jusqu’aux années 80, exception faite de Joni Mitchell et de Neil Young."

En terminant, est-ce que Final Fantasy a un quelconque rapport avec le jeu vidéo du même nom? "Certainement. Je ne joue pas beaucoup sur les consoles, mais je suis sensible à la musique qu’on retrouve dans ces jeux, structurée en boucles. Les gens qui entendent de la musique électronique pour la première fois disent souvent que ça ressemble à de la musique de jeu vidéo; moi, quand je joue à des jeux vidéo, j’entends de la musique classique jouée par un faux orchestre!"

Le 8 juillet
À la Sala Rossa
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