

La Clemenza di Tito : L’opéra de l’empereur
L’opéra La Clemenza di Tito ramène Yannick Nézet-Séguin au Centre d’arts Orford après le succès obtenu l’an passé avec Wozzeck.
Élise Giguère
La collaboration entre Yannick Nézet-Séguin et le Centre d’arts Orford s’était avérée particulièrement fructueuse l’année dernière. En plus de s’attirer des critiques élogieuses, Wozzeck s’était vu attribuer le Prix Opus du Concert de l’année – Régions.
La directrice du Centre d’arts, Sophie Galaise, a donc eu envie de renouveler cette heureuse collaboration, mais avec un opéra moins lourd. Le choix s’est arrêté sur La Clemenza di Tito de Mozart. Moins connu que Les Noces de Figaro ou Don Giovanni, cet opéra serait "l’une des musiques les plus pures de Mozart", selon Nézet-Séguin. Pour lui rendre justice, le jeune maestro a tenu des auditions dans différents coins du pays. Après avoir auditionné entre 80 et 90 chanteurs, il a arrêté son choix sur le ténor John Bacon (Tito), le baryton-basse Philippe Martel (Publio), les mezzo-sopranos Lauren Segal (Sesto) et Valérie Arboit (Annio) ainsi que les sopranos Claire Pascot (Servilia) et Julie Daoust (Vitellia).
Mozart a composé La Clemenza di Tito vers la fin de sa vie, en 1790, après avoir reçu une commande pour le couronnement du roi de Bohème. Il a créé les airs, laissant les récitatifs à son élève Susmayer, qui a également complété le Requiem. Les récitatifs ont été supprimés de la version présentée à Orford pour laisser place à une narration en français, présentée par Bernard Fortin. Le metteur en scène François Racine a choisi de donner un rôle actif au narrateur. Fortin entrera sur scène en toute subtilité, remettant certains objets-clés aux personnages. "C’est très "cinéma" dans le visuel", souligne François Racine, qui monte des opéras depuis une quinzaine d’années.
Avec la complicité d’Elli Bunton, Racine a imaginé une mise en scène où des miroirs, reflets de la dualité des personnages, occupent une place prépondérante. "C’est un opéra qui est souvent monté à la légère", constate celui qui a collaboré pendant plus de 15 ans avec Robert Lepage. "Nous, on a pris des risques!"
Les 8 et 12 juillet
Au Centre d’arts Orford
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