LCD Soundsystem : Système de son
Musique

LCD Soundsystem : Système de son

À la tête de LCD Soundsystem, James Murphy, qui aime toutes les musiques. Il l’a prouvé avec la parution d’un premier opus paru l’hiver passé et revient secouer la ville pour une deuxième fois en six mois.

Quel numéro, ce James Murphy! Tout au long de l’entretien, il ne cessera de répéter à quel point il est occupé tout en multipliant les boutades les plus pittoresques et en s’exprimant avec des bouts de phrases s’apparentant à un code secret dont lui seul possède la clé. D’abord membre des obscures formations Pony et Speedking, sa carrière prit un envol inespéré il y a trois ans avec la parution du simple Losing My Edge. Le dégourdissant morceau amalgamant une quantité d’influences causa des ravages majeurs sur la scène électro indépendante et gagna des adeptes. "À l’époque, j’étais disc-jockey. Les choses roulaient bien pour moi et j’ai eu peur. Voilà toute l’histoire. C’est un hymne pour les ados bien élevés et les trentenaires qui se respectent", raconte le remixeur en herbe.

Travailleur acharné et perfectionniste quelque peu compulsif, le cofondateur de l’étiquette new-yorkaise DFA confectionna un premier album éponyme, paru l’hiver dernier, entouré de collaborateurs émérites dont le fidèle Tim Goldsworthy. Empruntant autant à David Byrne et ses Talking Heads qu’à Prince et Chic, couronné d’une dernière pièce à rendre Brian Eno malade de jalousie, l’opus donnait un nouveau sens au terme cool. Mais pourquoi cette si longue disette avant la parution? "Je l’ai sorti aussi vite que j’ai pu! Ça m’a pris un long moment simplement pour trouver le temps de le créer, car je suis débordé. Ça peut prendre trois semaines pour produire un disque, mais trois ans pour trouver ces trois semaines dans le calendrier!"

Déclaré, il y a quelques années, l’homme le plus cool de la planète par une poignée de réputés magazines musicaux et de journaux influents, notre nerd favori ne semble pas avoir été marqué au fer rouge par cet honneur. "Je me suis levé un matin et puis j’ai déjeuné. Ensuite, j’ai lu mes courriels et c’est comme ça que je l’ai découvert. Quelle genre de réaction veux-tu que j’aie? C’était drôle et gentil et absolument horrifiant en même temps." Plus réservé sur les sujets délicats, il devient verbomoteur dès qu’il entend le mot "musique" se glisser dans la conversation. "Tu sais, l’électronique de nos jours, c’est poche. Est-ce que ça te va comme réponse? Quant à la scène musicale au sens large, je crois que c’est une carcasse qui empeste au nez de tout le monde sauf au sien propre." Et vlan dans les dents de l’industrie!

Ermite reconnu pour refuser systématiquement toute offre alléchante, il en reçut une récemment de prêter main forte à l’icône de la pop américaine Britney Spears qu’il déclina tout bonnement. Des explications, monsieur Murphy? "Sa musique est trop prévisible. Les idées étaient stupides et les producteurs perplexes. C’était du non-sens. Tu connais la chanson." Autre offre déclinée: celle d’écrire de la musique pour le populaire sitcom américain Seinfeld. Paresse ou snobisme? "Tu sais, je n’ai pas pris cette décision. Je me souviens qu’à l’époque, je fumais une quantité industrielle de pot et je composais des trucs. À chaque jour, je me trouvais des excuses toutes plus attardées les unes que les autres pour ne pas me mettre au boulot." Et l’histoire se répète en ce qui concerne Janet Jackson qui désirait collaborer avec l’excentrique bonhomme depuis des lunes. "J’étais trop pris par l’album de LCD, mais quelle fille charmante!"

Remarqué lors de son passage en mai dernier, notre rat de studio (et bête de scène) quitte les confins de son laboratoire pour prendre la route jusqu’à la mi-décembre. Celui qui se considère comme un amoureux de vinyles et véritable freak de musique disco se montre fébrile à l’approche de son retour en terre montréalaise. Pour le néophyte, ça ressemble à quoi un spectacle de LCD, James? "Cinq personnes sur scène donnant un show rock, mais avec une bonne dose de disco dans tout ça. Tu sais, mais avec des gens plus vieux." Euh… OK! James.

Le 19 novembre
Avec The Juan McLean, Shit Robot, Sean Kosa et Jordan Dare
À la SAT
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