Musique

Aimee Mann, Robert Charlebois, The Cloud Room, Devin the Dude, The Juan McLean, The Trews : Brèves Musique 2006-02-02

Aimee Mann

Figure centrale de la formation pop new wave Til Tuesday qui fit paraître trois albums avant de se démanteler à la fin des années 80, Aimee Mann se tourna ensuite vers un folk beaucoup plus intimiste qu’elle mène encore aujourd’hui à la guitare et au piano. Cette carrière solo en tant qu’auteure-compositeure et interprète s’est érigée sous le signe de la discrétion jusqu’à ce que le réalisateur Paul Thomas Anderson lui confie en partie la trame sonore de son film Magnolia, qui remporta un franc succès il y a cinq ans. Malgré cela, elle continue à œuvrer de manière indépendante, en résistant aux engrenages de la machine commerciale; son dernier album, The Forgotten Arm, est en ce sens paru sur la petite étiquette SuperEgo Records. Au Club Soda le 7 février. (C. Risler)

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Charlebois au Casino

On n’y croyait plus et pourtant Charlebois effectue un retour en force sur scène. Aux dernières FrancoFolies de Montréal, il apparaissait, le temps d’un duo, aux côtés d’Alain Bashung. Aminci, souriant, sautillant. Dangereusement en forme. Idem pour son nouveau show, présenté à La Tulipe à l’automne, un des meilleurs de l’année: le Charlebois rock s’ébroue et réussit à convaincre à nouveau. En bouche, ses plus grandes chansons de la belle époque des années 60-70: Fais-toi z’en pas, Le Mur du son, Lindberg, Tout écartillé, Ordinaire. Un solide répertoire bellement revisité, un public et un chanteur galvanisés. Décoiffés. En attendant un nouveau disque rock, à l’avenant, Charlebois brûlera les planches du Casino de Montréal du 8 au 26 février. (F. Hébert)

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The Cloud Room

Attention, il flotte ici une odeur de buzz! Ce groupe qui a piqué son nom à un bar clandestin situé au sommet de l’édifice Chrysler dans les années 20 et 30 détient le secret d’une recette gagnante, car ses chansons possèdent toutes un fort potentiel de se transformer en de virulents hits. Menée par le chanteur J, la bande de Brooklyn, aussi formée de Jason Pharr (batterie), de Benjamin Nugent (claviers) et de John Petro (basse), surfe sur la vague de l’"indie rock dansant" qui sévit depuis quelques années à New York tout en détenant une touche new wave issue des années 80. Une sorte d’Interpol en version joyeuse, de Franz Ferdinand en moins exalté ou de Strokes en moins déglingué. Le dimanche 5 février à la Sala Rossa. (C. Risler)

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Devin the Dude

Habile conteur, le Texan Devin Copeland, alias Devin The Dude, a bossé avec de grosses pointures du hip-hop telles que Dr. Dre (son protégé), De La Soul et Raphael Saadiq. Remarqué il y a sept ans avec un premier album éponyme, concoction cool déversant un funk moite, l’ex-Odd Squad, crooner à ses heures, ne s’est jamais pris au sérieux et infuse à ses historiettes une bonne dose d’humour. Il admet ouvertement que ses thèmes de prédilection demeurent l’herbe, le vin et les femmes. De passage dans la Métropole en septembre dernier lors de Pop Montréal, Devin revient nous en mettre plein les oreilles avec ses brûlots crunk. À noter que Scarface, Bun B., Chingo Bling et les légendaires Geto Boys, d’autres dignes représentants de la scène hip-hop de Houston, débarqueront prochainement en ville. Le 9 février au tout nouveau Kops Shop (111, rue Roy) avec Mix Tape Mechanic Rapid Ric. (S. Martel)

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The Juan McLean

Photo: Tim Soter

Né des cendres de l’influente formation Six Finger Satellite propulsée par l’étiquette de Seattle Sub Pop, The Juan McLean se veut essentiellement le projet de John McLean. Délaissant les guitares et la section rythmique classique (basse, batterie) pour s’aventurer en territoires disco-funk, électro et house, McLean fit paraître une poignée de simples qui pavèrent la voie à un premier album, Less Than Human, lancé l’an dernier sous l’étiquette DFA du coloré James Murphy (LCD Soundsystem) et de son acolyte Tim Goldsworthy. Résultat? De la dance music qui coule avec aisance, lorgnant vers l’IDM, robotique et dense à la fois, incluant autant d’excès (un dernier morceau de 14 minutes) que d’incontestables réussites (qui ne se souvient pas de la groovy You Can’t Have It Both Ways?). Avec Tim Sweeney et Duchess Says le 5 février au Cabaret. (S. Martel)

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The Trews

Le quatuor de Niagara Falls ne renie pas ses racines rock sur Den of Thieves… Mais les fans ont probablement eu une petite frousse en entendant les chansons réalisées par Jack Douglas (Aerosmith, New York Dolls). La présence d’instruments au caractère plus organique comme le banjo, l’harmonica et la trompette a un impact certain sur le son de The Trews, mais selon le chanteur Colin MacDonald, ça n’empêche pas les fans d’apprécier Den of Thieves: "On a vendu en deux mois le même nombre de copies que House of Hill Fame (2003) en a écoulé en deux ans", dit-il sur le site www.chartattack.com. C’est sans doute parce que le groupe est parvenu à capter sur Den of Thieves l’énergie qu’il dégage sur scène. Le vendredi 3 février au Café Campus avec Will Hoges. (C. Fortier)