Dany Bédar : Singulier
Musique

Dany Bédar : Singulier

Dany Bédar commence sa tournée intitulée Y’a personne, attendue par ses fans depuis la sortie de son dernier album en 2004.

Il est beau, elles en sont toutes retournées. Et lorsque, la guitare au cou, il se met à chanter, doucement, l’enchantement se produit. Dany Bédar incarne l’image forte du chanteur blessé, un peu sauvage et certainement mystérieux.

Son album Écoute-moi donc, dont la chanson-titre a servi son travail de porte-parole pour l’organisme Jeunesse j’écoute, s’est valu deux Félix: celui de l’Album de l’année – pop-rock et celui de l’Interprète masculin de l’année. Interrogé sur ses impressions à la suite d’une telle reconnaissance, il répond simplement: "Y’a un des deux Félix qui était choisi par le public. Ça t’apporte de l’amour à la pelle. Tu te noies dedans. L’autre Félix, c’est l’industrie, ça fait que je suis rentré dedans, là."

Bédar se félicite encore d’avoir eu le courage d’entamer une carrière solo, d’avoir choisi un chemin qui lui soit particulier. Sans renier l’expérience acquise avec la Chicane – alors qu’il oeuvrait aux côtés du groupe en tant que bassiste invité, il a pu prendre confiance en certains de ses textes – il ne regrette pas le temps passé au sein d’une formation. "Dans un groupe, tu prends les décisions à cinq. Tu fais des gaffes à cinq, tu dis des niaiseries à cinq, quand un a l’air d’un épais, y’en a cinq qui ont l’air épais. Quand tu as le pouvoir ou le choix, tu le fais. Comme moi, de prendre mes décisions, de faire mes gaffes à moi…" Chanteur au singulier, c’est parfait pour lui. "J’suis fait pour être tout seul. Moi aussi, je suis un petit coq dans mon poulailler… Cinq coqs dans un poulailler, ça fait de la schnoute. Alors je me suis dit, je m’en vais tout seul un bout."

Il faut dire que, jusqu’ici, sa décision lui a été bénéfique: ses deux albums solos sont couronnés chacun d’un disque platine, le dernier s’étant même vendu à plus de 130 000 exemplaires, et sa tournée ne fait que commencer…

DU SENTIER AU CHEMIN

Il en a fait du chemin depuis ses débuts. Lorsque, sûr de lui, il a quitté Val d’Or pour la métropole, rêvant déjà de la vie qu’il mène aujourd’hui, avancer n’était pas facile. Ses premières notes étouffées par le bourdonnement aléatoire du métro, les gens qui passent dans l’indifférence… Bédar se rappelle: "Je me souviens de ça comme d’un bon départ dans la vie d’artiste. Parce que ça te donne une claque sur la gueule quand tu t’en vas devant le métro, que tu essaies de jouer… Chanter par-dessus le bruit d’un métro… Il faut que tu chantes!" À la blague, il lance même que c’est dans le "tube" qu’il a appris à chanter…

Si les chansons qui l’ont fait connaître sont en français, ses premiers textes étaient plutôt écrits en anglais. "Je chantais en anglais, je chantais de tout…

J’en chante encore une couple de tounes en show. Éventuellement, peut-être que ça pourrait revenir. J’ai bien des collaborateurs qui chantent en anglais."

Par contre, s’il choisit un jour d’enregistrer dans la langue de nos voisins du sud, il prétend qu’il ne prévoit pas tenter une percée dans cet immense marché. "Je ne me ferme les portes à rien. Mais je ne suis pas un grand voyageur. J’suis bien chez nous, moi. Super bien. Mes tounes voyagent mieux que moi. J’ai le mal de l’air, je déteste l’avion, je déteste tous les moyens de transport en général… Je suis très, très bien ici au Québec. Je ne veux pas aller m’épivarder un petit peu partout dans le monde, en tout cas pas tout de suite. Mes tounes vont le faire super bien à ma place pour tout de suite."

UN NOUVEAU DÉFI

Même s’il est beaucoup plus épanoui depuis qu’il a choisi de faire ses racines dans un soliflore plutôt que de n’être qu’une fleur parmi un bouquet, il ne s’empêchera pas d’aider à faire fleurir les talents d’autres artistes pour qui il a beaucoup de respect. Il a entre autres écrit des chansons pour Marie-Chantal Toupin, Boom Desjardins, Nolween Leroy, une académicienne de la France, Roch Voisine, Marc Dupré, Annie Carrier et, bien sûr, Annie Villeneuve… Aussi, il lançait, mardi dernier, le studio de production professionnel DB, projet qu’il chérissait depuis un bon moment déjà. "C’est comme ouvrir un restaurant, mais moi, j’ouvre des bébelles. C’est bin tripant." En plus de l’enregistrement de ses propres albums, son studio lui permettra de partager des moments de création intenses avec plusieurs artistes de la chanson. Il a pour projet de produire des disques pour Roch Voisine, Isabelle Boulay et Marc Dupré, avec qui il travaille déjà depuis un moment.

Y’A PERSONNE

Avec sa nouvelle tournée, Y’a personne, Bédar prouve une fois de plus à ses fans qu’il a eu raison de faire une croix sur la vie de groupe, préférant la vie plus calme d’un spectacle acoustique au tapage nocturne des tournées plus rock. "Je me suis trimbalé pas mal avec du gros beat, pis toute la grosse patente… Des drums, des ci, pis des ça, pis des chums… Avec les partys, et tout. Mais à un moment donné, j’ai eu le goût de revenir aux sources." C’est une attitude qui est pour lui plus sincère, plus authentique: "Ces tounes-là, je les ai pas écrites en party. Je les ai écrites tout seul. Je veux donner au monde la chance d’entendre des tounes plus épurées, la vraie vibe, tout ça. J’apporte un piano à queue, une contrebasse et une guitare sèche. C’est tout. Sauf qu’il y aura plein de surprises." C’est un spectacle singulier qu’il est fier d’offrir à ses fans, en toute simplicité. En ce début de tournée, il ne peut qu’espérer que la réponse sera bonne…

Le 3 mars
À la Salle Thérèse-Plante

Le 4 mars
Au Théâtre Palace Arvida

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