Noël Samyn : Saint Samyn
Musique

Noël Samyn : Saint Samyn

Noël Samyn entame une promenade inoubliable au coeur de Saint-Germain-des-Prés en faisant revivre les plus beaux joyaux de la chanson française des années 50, 60 et 70. Rencontre.

Avec son tout nouveau spectacle, Du côté de Saint-Germain-des-Prés, Noël Samyn revisite une période faste de la chanson française, celle des Boris Vian, Montand, Ferré, Brassens, Ferrat et Reggiani. "Je vais aussi faire du Brel, même si on ne peut pas tout à fait l’associer à Saint-Germain-des-Prés. Je me suis permis des petits écarts, rectifie Samyn. Pour moi, Saint-Germain-des-Prés, c’est la plus belle période de la chanson à texte, les plus grands poètes de la chanson en sont issus!"

Ce Belge d’origine est arrivé au Québec dans la vingtaine, après avoir fait son service militaire en Allemagne. Saxophoniste et pianiste de formation, il amorce une carrière de musicien classique et d’enseignant au Conservatoire du Québec à Val-d’Or, après quoi il viendra enseigner au Conservatoire de Hull en 1978. Au fil des années, la chanson française occupe toujours une place importante dans sa carrière: "Je n’ai pas vécu Saint-Germain-des-Prés, mais j’aurais bien aimé. C’était une période d’échanges très intense, et des gens comme Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir se retrouvaient-là pour s’amuser. Au fond, ça avait commencé avec les caves de jazz, et dans les années 70, c’est devenu un peu une fenêtre de stars et de starlettes, ça devenait à la mode de se faire voir là-bas. Toute une faune artistique s’y trouvait."

Samyn ne cache pas que, d’entre tous, c’est Brel qu’il préfère. Il lui avait d’ailleurs consacré une soirée-hommage pour le 15e anniversaire de sa mort en 1993, spectacle qui l’a ramené à la chanson après avoir écrit pour sa compagne. "Brel avait une force, ce n’était pas seulement de déclamer ou de raconter une chanson. Il mettait beaucoup de puissance dans certains choix de mots, et dans la manière dont il les lançait aussi. Ça pouvait être des gifles, c’était très puissant", remarque celui qui se laisse emporter par la fougue et le personnage de Brel lorsqu’il l’interprète.

Ayant récemment pris sa retraite de l’enseignement, Samyn jouit plus que jamais de son temps et le consacre pleinement à la musique. Toujours actif au sein du quatuor pour saxophones Saxart, qu’il a fondé en 1990 avec Jean-Guy Brault, il reconnaît regretter qu’il n’en soit pas ainsi pour son groupe Contretemps/Go, qui sortait un album en 1996. Les spectacles de chanson française sont maintenant primordiaux à son agenda, et le multi-instrumentiste travaille déjà en vue de la prochaine occasion offerte par le Concours de musique Canada-Outaouais en juin prochain, où il présentera un hommage à Brassens avec ses musiciens habituels, Laurie Rosewarne (accordéon) et Daniel Berriault (basse).

Ayant à son actif deux galettes, dont le récent Hommage à… paru en septembre dernier, Samyn ne s’aventure à interpréter ses compositions en spectacle. Sur ce dernier CD par contre, où il est accompagné d’un orchestre, les pièces Magali (pour sa fille) et À Léo Ferré sont de son cru. "J’ai aussi composé une chanson pour l’hommage à Brassens, que j’interpréterai lors de mon prochain spectacle", promet-il.

Du reste, Noël Samyn, qui regrette le peu d’importance accordé à l’apprentissage de la musique chez les jeunes au Québec, est optimiste quant à la relève, qui continuera selon lui à faire vivre les grands classiques de la chanson d’expression française à qui il consacre sa vie d’interprète.

Le 18 mars à 20 h
À la Basoche
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