Cali : Bain de foule
Musique

Cali : Bain de foule

L’attachant Cali enchaîne album live et concerts en sol québécois. Immoral et bordélique mal d’amour.

Journée pluvieuse, 10h, petit resto du centre-ville, Cali, frais comme une rose débarquée d’un Airbus 330, découvre, sceptique, le creton québécois de son petit-déjeuner continental.

Une belle poignée de dates ici et un nouvel album live, Le Bordel magnifique, enregistré tout d’une traite, là-bas, à Lille, justifient cette conviviale rencontre.

Le Bordel magnifique, ce sont 14 chansons revanchardes, partagées avec des foules gueulardes d’éclopés du coeur, qui soulagent de ces filles splendides qui nous ont laissés sur le carreau avec nos dernières illusions romantiques. De la très impudique Je te souhaite à mon pire ennemi jusqu’au très gros hit Je ne vivrai pas sans toi, ses concerts atypiques sont donc de son propre aveu d’insolentes et festives thérapies de groupe qu’il aime mettre en scène dans l’excès.

À propos de ces thèmes ravageurs qui le portent, celui qui a écrit à propos de son ex-copine Je te souhaite à mon pire ennemi dit, la tête dans le creton avec l’accent de Perpignan: "L’amour, quand il va mal, va très mal. Je n’arrive pas à avoir une existence équilibrée… J’ai du mal à comprendre la calme platitude d’une vie amoureuse ordinaire."

Débarqué dans la chanson comme un oiseau blesse, ce singulier propos d’éclopé a rapidement rassemblé, ici comme ailleurs, des milliers d’aficionados qui ne sont pas tous pour autant des victimes de l’amour. "Quand tu chantes une horreur et que tu souris aux gens et que c’est festif, le propos se distord intelligemment… Je sais qu’on chante dans des mariages des farandoles sur mes chansons assez pessimistes. Il y a des gens qui m’écrivent des choses incroyables: une fille qui a quitté son mari sur une de mes chansons. Je me dis que c’est un compliment absolu ce genre d’attentions. […] La gloire permet de partager des sentiments, c’est un truc réconfortant. J’ai besoin d’amour, et finalement tout le reste n’existe pas…"

Cette affection, Cali n’hésite pas à la réclamer des foules lors des concerts, allant jusqu’à s’y jeter pour se faire porter à bout de bras par ses fans déchaînés. Le stage-diving est devenu sa marque de commerce: "Je me suis fait égratigner, tordre les chevilles, tripoter les parties intimes, j’ai vu des seins, j’en ai manqué de jolis… Aux USA, il y a un site Internet qui répertorie les meilleurs stage-divers, et je figure dans le top ten! Je ne peux pas m’arrêter, c’est trop jouissif."

Le 28 octobre à 20h30
Au Théâtre Granada
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Le Bordel magnifique live
Cali
(EMI/Virgin)