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Musique

Marc Déry : Marc le bricoleur

Marc Déry se paye un trip à la hauteur de son troisième album, À la figure, et nous propose rien de moins qu’un spectacle quasi symphonique. Rencontre avec un musicien d’envergure.

Il émane de Marc Déry cette même force tranquille qui traverse de part en part son plus récent opus, À la figure (qui, justement, a figuré dans les palmarès des meilleurs albums de chanson francophone 2005 d’à peu près tout ce qui existe de critiques musicaux au Québec). Dans son bureau – un minuscule studio fort bien équipé où il vient, tel un ouvrier, cinq jours par semaine, "matérialiser des émotions en sons", pour lui ou pour d’autres -, il parle doucement, sans baguettes en l’air ni crayons surligneurs. Et pourtant il en jette. Déry peut bien avouer candidement qu’il a peu à dire, les minutes passées avec lui, pleines et rondes, seront néanmoins portées par le discours d’un homme engagé – dans sa musique et dans sa vie familiale. Un homme à sa place, qui fait ce qu’il aime et qui aime ce qu’il fait.

S’il y a une place où Marc Déry se sent chez lui, c’est bien sur scène. Flanqué de ses fidèles comparses (Vincent Réhel aux claviers, Alain Quirion à la batterie, son frère Yves aux percussions, Michel Dagenais et Jocelyn Tellier à la guitare), l’ex-Zébulon s’offre cette fois-ci, pour bien rendre toute l’envergure des pièces d’À la figure, des choristes, un quatuor à cordes et des timbales! "Quand j’ai enregistré mes chansons pour l’album, je m’étais dit: on verra pour les arrangements en show, on fera autre chose. Bien, finalement, on ne fera pas autre chose! Tu les imagines ici!? Quand ils rentraient tous leur note en même temps, le souffle me manquait. Littéralement. J’ai donc décidé de donner aux chansons ce qu’elles méritent pour faire vivre aux spectateurs ce que j’ai senti comme émotions musicales quand je les ai enregistrées en studio."

Et Déry d’enchaîner sur le bonheur de performer avec ses 11 musiciens: "J’ai fait une demi-douzaine de shows avec la gang au complet jusqu’à maintenant, et je me sens comme enveloppé par leur son. Chaque soir, je me fais avoir, je me laisse emporter. Ce qui fait que sur scène, j’ai moins ma voix de vent, j’ai plus de coffre. Je chante pour que ce soit beau."

À l’entendre, on a l’impression qu’il amorce un virage définitif vers le symphonique: "En fait, j’ai toujours été comme ça! Il y avait du violoncelle sur le premier disque, pas mal de vents sur le deuxième. Mais si tu me demandes de quoi sera fait le prochain album, je n’en ai aucune idée! D’abord, j’essaie de ne jamais faire deux fois la même chose. Et puis, après chaque album, on dirait que j’ai tout donné. Je suis des mois à être dans cet état où je me dis que je ne ferai plus jamais d’album. Alors je fais de la musique pour les autres. Mais je me connais, dans deux, trois mois, selon mon cycle, je vais recommencer à en avoir envie, à avoir des choses à dire… à "shaker"."

Le 24 novembre
À l’auditorium Dufour
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