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Musique

Rachid Taha : Roses des sables

Rachid Taha présente un deuxième disque en hommage aux grandes chansons arabes, huit ans après le premier tome et quelques mois après son grand retour en Algérie.

"C’est une envie que j’ai depuis toujours", explique Rachid Taha quant à ce projet d’albums en hommage aux grands classiques du répertoire oriental, dont vient de paraître le second chapitre, Diwan 2 (Universal), huit ans après le premier Diwan. "L’envie de partager ce qui a bercé mon enfance, mes bonheurs, mes malheurs. Puis c’est aussi une façon de partager ma culture et de faire connaître à des gens des choses qu’ils ne connaissent souvent pas ou auxquelles ils n’ont pas accès…" Des classiques donc, mais aussi des merveilles oubliées, des perles rares retrouvées sur de vieux microsillons, dénichés dans les marchés, les greniers poussiéreux ou, bien entendu, au hasard des cafés. Mais ce n’est pas tant la recherche qui s’avère laborieuse, c’est plutôt l’inextricable tri, les choix déchirants.

Si la tentation peut être forte de se réapproprier complètement ces chansons et d’en faire des versions totalement différentes, Taha préfère rester fidèle aux originaux. Et on sent que c’est par pur respect. "C’est un peu comme si je retrouvais un vieux tableau et que je le restaurais, tout simplement, illustre-t-il. Je le colorie à nouveau, mais avec ses couleurs initiales, quand même. Je ne le trahis pas; j’essaie seulement de lui donner le plus d’éclat possible…" Une chose est certaine, il ne se fera pas complice de la mort lente infligée à ces musiques par certains artisans carburant au seul appât du gain et à la quête du succès à tout prix. "L’état de santé du raï, pour moi, il est moribond, complètement", confie Taha, mettant en cause le manque de travail et de rigueur de plusieurs, de même que cette fâcheuse tendance à sombrer dans la variété. "Parce qu’à trop vouloir plaire à l’Occident, à trop vouloir faire des tubes, des tubes et des tubes, on s’éloigne de ce qu’est véritablement le raï… Mais cela dit, on dit toujours que le rock est mort, mais il revit chaque fois de ses cendres, hein!"

Reprenant ici dix pièces popularisées par quelques-unes des grandes figures de la chanson arabo-maghrébine tels Mohamed Mazouni (Écoute-Moi Camarade), Dahmane El Harrachi (Kafache Rah, Maydoum), Ahmed Wahby (Mataouel Dellil) et Ahmed Zakaria (Ghanni Li Shwaya), Rachid Taha se penchera ensuite sur un nouvel album original. Entretemps, il prévoit faire paraître prochainement sur DVD un documentaire relatant son grand retour en Algérie, survenu le printemps dernier après 17 longues années d’absence. "Ça s’est très bien passé, avec beaucoup d’émotion, beaucoup de retenue et beaucoup de mélancolie évidemment, rapporte le principal intéressé, soulignant que des extraits, en guise de hors-d’oeuvre au documentaire, sont déjà disponibles sur son site Internet dans la section podcast. "C’était un peu comme redécouvrir son amour d’enfance, poursuit-il. Parfois, on le trouve un peu vieilli, un peu décomposé, parfois, on retrouve encore la beauté… On est partagé, quoi. C’est très, très difficile; pas évident. C’est des choses assez pudiques quand même…"

Rachid Taha
Diwan 2
Universal

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