The Darling DeMaes : Tragédies légères
Musique

The Darling DeMaes : Tragédies légères

L’univers clair-obscur des Darling DeMaes mêle avec une douceur déconcertante le rouge et le noir.

Une fin d’après-midi ensoleillée, un coup de fil vers Montréal pour discuter avec Erik Virtanen de son groupe, The Darling DeMaes. Lea De Mae a connu un destin macabre. Membre de l’équipe nationale tchèque de plongeon, elle s’est gravement blessée à la colonne vertébrale, puis s’est recyclée dans l’industrie pornographique. Elle est décédée à l’âge de 27 ans d’un cancer du cerveau. Cette histoire illustre bien l’intérêt du Vancouvérois pour les contrastes: "C’est un nom qui fait classe avec une histoire sombre et tragique. On a mis du temps à le trouver", révèle le chanteur.

The Darling DeMaes, c’est un trio de musique pop-rock, des guitares légères et des voix harmonieuses; un duo vocal qui raconte des chansons… tordues. Le lustre pop qui enveloppe chacune des pièces de leur premier démo, Winter Keep Us Warm, contraste avec cette fixation pour les histoires qui finissent mal. Célébrations du clair-obscur, les titres font se voisiner douceur et dureté avec un talent qui dissipe presque les malaises.

Winter Keep Us Warm a été enregistré en 10 heures au mois de mars 2007. On y découvre une chanson dont les mélodies nous rappelle les Feist, Josh Ritter et Belle and Sebastian de ce monde. La voix de Virtanen se pose en douceur sur les accords du guitariste gatinois surnommé Buz, omniprésent sur cet album. Puis vient se greffer sans faire de vagues la voix d’Elysia Torneria, rencontrée lors d’un spectacle. C’est de la même façon que le groupe a croisé celui qui allait réaliser ce disque: "C’était assez intense. Mark Andrew nous a vus jouer et nous a offert de produire l’album gratuitement. Il a eu l’idée de l’enregistrer en une seule journée et de le capter live en studio, comme les anciens albums des Rolling Stones, puisqu’il devait repartir en Angleterre rapidement."

Cet exercice semble avoir porté fruit puisque l’album est d’une efficacité remarquable. On y fait la connaissance d’un ensemble prometteur au son propre, d’une base solide pour construire la suite. Comme les conditions de production de ce premier essai sont minimales (acoustique et live), on peut vraiment en sentir la moelle: "Je me suis dit que si je me forçais à composer de manière acoustique, j’écrirais des chansons plus intéressantes que si je m’appuyais sur quelques pédales de distorsion pour m’aider à créer un son."

Le groupe se prépare pour quelques concerts au Québec et en Ontario, alors qu’il sera accompagné de musiciens additionnels. On peut s’attendre à y voir le côté clair des Darling DeMaes: "Nous ne voulons pas jouer les rock stars sombres. Ce rôle a déjà été rempli, c’est fini maintenant. Nous voulons rendre les gens joyeux." De contrastes en paradoxes, les Darling DeMaes possèdent déjà l’essence pour alimenter une mécanique fort prometteuse. Il ne reste qu’à voir comment cette poésie prend vie sur scène.

Le 22 septembre
Au Mercury Lounge
Voir calendrier Rock/Pop

Le 14 novembre à 21h30
Au Petit Chicago

À écouter si vous aimez / Feist, Devendra Banhart, Bright Eyes

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