Muguette Nucléaire : Désobéissance civile
Musique

Muguette Nucléaire : Désobéissance civile

Marc Drouin et Robert Léger, les créateurs de Pied de poule, reviennent à la comédie musicale avec Muguette Nucléaire, une création qui donne la parole aux adolescents.

Depuis trente ans, Marc Drouin exploite les mêmes thèmes, les mêmes archétypes, les mêmes mythologies. On peut faire bien de reproches au créateur, mais sûrement pas celui de manquer de cohérence. Avec Muguette Nucléaire, faisant le bonheur des uns et le malheur des autres, l’auteur de Pied de poule défend obstinément ses obsessions.

À première vue, les aventures de Muguette Nucléaire s’adressent aux adolescents, probablement le seul public qui soit en mesure de communier pleinement avec l’univers de Drouin. Mais, en s’y arrêtant un peu, on se rend compte que si l’oeuvre donne la parole aux adolescents, elle s’adresse avant tout aux adultes qui les ont mis au monde. Accompagnée de Tit-Loup et Tit-Rat, Muguette est une chanteuse revendicatrice tenaillée par la misère du monde, une porte-parole extrémiste de la cause des enfants: "Moi Muguette Nucléaire, Tit-Rat pis Tit-Loup nous jurons solennellement que si on réussit pas à changer le monde avec notre armée d’enfants… on va s’tirer le jour de nos seize ans…" Soumis aux agressions les plus diverses, l’inséparable trio affronte courageusement violeur, meurtrier, pédophile, politicien véreux et animateur narcissique. Avec le décor évocateur de Guy Neveu, les costumes flamboyants de François Barbeau et les chorégraphies diversifiées (de la claquette à la gigue en passant par le hip-hop) d’Olivier Loubry, Marc Drouin signe un spectacle enlevant et imaginatif.

Le talent et la polyvalence des interprètes (acteurs-chanteurs-musiciens) impressionnent. Pascale Montreuil a le chien, la voix, le pas et la sensibilité qu’il faut pour incarner Muguette. En Tit-Loup, l’amoureux de Muguette, Maxime Desbiens-Tremblay fait plus d’effort pour danser, mais se charge fort bien du reste. En Tit-Rat, le petit garçon qui aimait trop les fleurs, Kevin Houle est impeccable, androgyne à souhait. Sa voix, posée, est d’une surprenante maturité. Dans le rôle exigeant et même essoufflant du narrateur, Fred-Éric Salvail met à profit ses indéniables talents d’acteur. En somme, pour autant qu’on admette cet imaginaire particulièrement cartoon et qu’on ne soit pas en quête d’une dramaturgie novatrice et étoffée, il y a là de quoi passer 100 délicieuses minutes.

Au Théâtre Outremont
Jusqu’au 29 septembre
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