Spoon : Gaga de fine pop
Musique

Spoon : Gaga de fine pop

Spoon revêt la pop de ses plus beaux habits sur Ga Ga Ga Ga Ga. Classe, fougue et raffinement.

Encensé par la critique, Ga Ga Ga Ga Ga, le sixième album de Spoon, est déjà considéré comme un des disques marquants de 2007. Dans un parcours sans faute, le quatuor originaire d’Austin (Texas) y aligne les bijoux pop caractérisés par la force mélodique et harmonique de son chanteur, Britt Daniel, et par l’énergie brute qui a fait la réputation du combo, une urgence jadis comparée à celle des Pixies, qui s’est raffinée au fil des années pour placer Spoon au rang de groupe aussi accessible que Crowded House, mais en plus audacieux. Bref, de la pop adulte au coeur jeune.

"Tu peux appeler ça de la pop adulte si tu veux, mais de mon côté, j’écoutais Crowded House quand j’avais 16 ans, précise Britt. Leur nouveau disque est d’ailleurs sorti le même jour que Ga Ga Ga Ga Ga (10 juillet). Je suis au courant parce que je connais tous les albums parus ce jour-là. C’est que j’ai analysé les palmarès la semaine suivante pour voir où nous nous situions. Notre CD s’est classé 10e sur le Billboard 200", soit 36 positions plus hautes que le nouveau Crowded House. Une surprise pour Britt, qui a majoritairement composé l’effort. "J’ai travaillé les chansons isolé dans une immense maison loin du chemin principal, sur la côte de l’Oregon. Il n’y avait personne autour, juste l’océan. Au départ, ça faisait peur de me retrouver seul dans cette immense maison. Je me levais même la nuit pour m’assurer qu’il n’y avait pas quelqu’un de caché dans les garde-robes et les salles de bains."

S’ouvrant avec Don’t Make Me a Target, une chanson politique selon Britt, Ga Ga Ga Ga Ga s’infiltre dans les veines avec l’acuité d’une massive dose d’héroïne. Les guitares y sont insidieuses, teintées d’une distorsion provenant d’un ampli à lampe chauffé à bloc. Masquée de réverbération, la basse mord avec précision dans une mélodie pourtant chaude. Le son sec de la batterie martèle une rythmique appuyée de pianos et de quelques claquements de mains. Le tout surplombé de la voix éraillée de Britt, véhicule émotionnel de première classe. Une magie instantanée s’y opère pour durer jusqu’à la dernière note du disque.

Interrogé sur ce qui aurait pu générer cette parfaite alchimie, le principal compositeur de Spoon peine à répondre. "C’est peut-être dû aux habits chic que nous portions au moment d’enregistrer le compact. Lors des séances, notre réalisateur Mick McCarthy arrivait toujours bien sapé au studio. Nous aimions l’effet que ça créait et avons décidé d’en faire autant. Je ne portais pas de complet-cravate, mais tout de même, j’essayais de bien m’habiller avec des souliers, des pantalons et des chemises chic. Ça me donnait l’impression d’être professionnel. Je me tenais plus droit, j’étais à mon affaire. Peut-être que si nous avions porté des jeans et des t-shirts, le résultat aurait été le même, mais disons que ça me mettait dans un état d’esprit différent. Ça m’a donné confiance."

Le 16 octobre
Au National
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À écouter si vous aimez /
Crowded House, Wilco, Pixies

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