Islands : Une île, un groupe
Musique

Islands : Une île, un groupe

Islands salue Iggy Pop, The Who et les Temptations sur Arm’s Way, deuxième disque, plus homogène, de la troupe montréalaise.

À l’image de sa pochette, une peinture chargée d’idées abstraites allant d’une voiture en feu à la représentation de jeunes jumelles enceintes… et nues, le deuxième disque d’Islands virevolte dans tous les sens. Mais contrairement au premier Return to the Sea, qui flirtait autant avec le rock, la pop, le rap qu’avec les musiques du monde, Arm’s Way s’enracine dans un rock orchestral nerveux, où se multiplient les fractures rythmiques et les chutes d’intensité. Si la formule pop veut qu’une composition suive le modèle ABA (couplet/refrain/couplet), le sextette montréalais affectionne l’ABCDE. Ce qui n’empêche pas Islands d’afficher une nouvelle cohésion sonore.

"Cette cohésion reflète le nouveau statut du groupe, explique Nick Thorburn (qui a abandonné le surnom Diamond). Au départ, Islands était un projet a géométrie variable. Return to the Sea a été composé par Jamie Thompson (alias J’aime Tambour) et moi. Plusieurs invités ont ensuite participé à son enregistrement et aux concerts. Chacun teintait les pièces selon son humeur du moment. Au cours des dernières années, Islands s’est plutôt développé en tant que groupe. Avec le départ de Jamie et l’arrivée d’Aaron (Harris), nous avons fermé la porte à tout autre changement de membre ou présence d’invité. Nous avons travaillé les arrangements ensemble, avec un certain souci d’uniformité."

Immortalisant enfin Abominable Snow, première composition du groupe écrite avant même qu’il ne porte le nom d’Islands, Arm’s Way regorge aussi de clins d’oeil à la musique pop des 50 dernières années. Interrompant drastiquement l’ouverture mélancolique de Life in Jail, la troupe se lance dans un passage indéniablement inspiré de Lust for Life d’Iggy Pop. L’introduction d’I Feel Evil Creeping in découle des accords de My Girl popularisée par les Temptations. Heroin du Velvet Underground colore la conclusion de To a Bond, et la fin d’In the Rushes évoque clairement A Quick One, While He’s Away des Who.

"En général, ces références musicales sont en lien avec le sujet de nos compositions. Life in Jail est un texte sur la fureur de vivre, tout comme Lust for Life. On verra si les artistes salués par ces clins d’oeil nous réclament des droits d’auteur, mais ça me surprendrait. Les passages inspirés par ces pièces sont généralement courts, et nous avons transformé quelque peu les mélodies. De toute façon, ce genre de référence est omniprésent dans l’histoire. La musique est en discours constant avec elle-même. Nous créons simplement une sorte de dialogue entre Islands et la pop. Ce n’est pas du vol, mais plutôt des hommages."

Souhaitons que les têtes hommagées (comme disait Michel Rivard au Gala de l’ADISQ) ne mettent pas de bâtons dans les roues d’Islands puisque côté embûches légales, la troupe a déjà donné. Son passage de l’étiquette Equator à Anti- (Tom Waits, Nick Cave) ne s’est pas fait sans heurt. "Nous avons passé un an à nous battre contre Equator. Un vrai cauchemar. Ça nous a coûté beaucoup de sous et énormément d’énergie. Notre relation avec Anti- s’annonce nettement plus prometteuse."

Tout comme le sort d’Islands avec la parution de cet album inspiré, imprévisible et accrocheur.

Le 27 mai à 20h
Au Babylon
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À écouter si vous aimez /
The Shins, Animal Collective, The Flaming Lips