Les Charbonniers de l'Enfer : L'enfer, c'est eux autres!
Musique

Les Charbonniers de l’Enfer : L’enfer, c’est eux autres!

Les Charbonniers de l’Enfer s’apprêtent à mettre le feu à La Tulipe avec l’aide de quelques invités spéciaux, avant de prendre une sabbatique bien méritée.

Il y a un bout de temps que ça ne dérougit pas dans l’agenda des Charbonniers de l’Enfer. C’est que l’engouement pour les chansons traditionnelles du quintette ne démord pas, au contraire, comme le prouve le succès du disque La Traverse miraculeuse (Atma), enregistré avec les musiciens de l’ensemble baroque La Nef, paru tout récemment. Michel Bordeleau, Michel Faubert, André Marchand, Jean-Claude Mirandette et Normand Miron ont sillonné les routes du Québec en masse ces derniers temps, et j’attrape Bordeleau par téléphone juste avant le départ de la bande pour une série de concerts en Abitibi, avant le détour de fin d’année pour trois soirs à Montréal.

Après leurs collaborations fort réussies avec Gilles Vigneault, puis avec La Nef, pas surprenant de voir les Charbonniers multiplier les rencontres. Bordeleau explique: "On a ouvert la porte à ça depuis les quatre ou cinq dernières années. On avait beaucoup de propositions et on se demandait si on voulait le faire. Il y a eu Loco Locass pour La bataille des murailles, et différentes choses ici et là, puis la collaboration avec Vigneault, que nous aurions été fous de refuser!" Ce qui ne devait être qu’un projet ponctuel est devenu une rencontre sans cesse renouvelée, avec enregistrements et séries de spectacles, ce qui fait presque du poète de Natashquan le sixième Charbonnier. L’année dernière, les Charbonniers s’embarquaient avec La Nef pour un drôle de voyage: "C’est le genre de rencontre qui nous renouvelle. On est les premiers surpris du succès de ce projet, que l’on a fait parce que l’idée était trippante, mais vraiment pas dans le but de faire un coup promotionnel!" Il est clair que la rencontre entre l’ensemble "classique" et les chanteurs traditionnels a surpris beaucoup de monde. "C’est drôle, commente Bordeleau, parce que pour nous, qui faisons de la recherche de chansons, la période "traditionnelle", ça s’étend sur 500 ans, et les musiques que joue La Nef côtoyaient déjà les airs que nous chantons. On n’est pas trop dans le "agnouigna-han"…"

Les rencontres que proposeront les Charbonniers lors de leurs spectacles à La Tulipe surprendront sans doute aussi, puisqu’on retrouvera sur scène avec eux Vincent Peake de Caféine, Grim Skunk, Galaxie 500 et ex-Groovy Aardvark (le 26), Pierre Flynn (le 28) et Karen Young (le 29). "J’ai collaboré avec Vincent à l’époque de La Bottine souriante, quand on a joué avec Groovy sur Boisson d’avril, alors j’ai pensé à lui, et les autres ont aimé l’idée. On a déjà collaboré avec Karen au festival Multi-Montréal, et Pierre est un bon ami. On a une cinquantaine de pièces dans lesquelles ils peuvent piger, et on ne sait pas encore avec quoi ils vont nous arriver! On commence à avoir hâte…" Après, les Charbonniers prendront un break afin de maintenir le feu sacré: "À la fin de décembre, ça fera deux ans que dure la tournée À la grâce de Dieu, et on se retirera un an ou deux pour donner la chance à tous d’explorer autre chose." Pour ces trois derniers soirs, il va y avoir du monde à la messe!

À écouter si vous aimez /
Michel Faubert, Gilles Vigneault, La Bottine souriante