The Cat Empire : Carnet de bonheur
Musique

The Cat Empire : Carnet de bonheur

Depuis ses débuts, The Cat Empire fait preuve de l’optimisme blindé d’une classe de maternelle. Avec en main un premier album enregistré en concert, le groupe est de passage en sol canadien pour une tournée célébration.

Quand on feuillette le livret de Live on Earth, premier gravé en concert de The Cat Empire, une agréable impression de déjà vu s’impose. À la manière d’un vieil album photo écorné oublié au fond d’une bibliothèque de la maison familiale, on y retrouve ce collage syncrétique de couleurs d’ailleurs, de clichés ratés, de bouilles souriantes et de moments heureux. Et un peu comme un souvenir vieillot dont le contenu est le parfait reflet d’une époque, Live on Earth offre plus de deux heures de polaroids musicaux témoignant de l’énergie inouïe que The Cat Empire déploie sur scène soir après soir. "On a toujours eu l’intention de faire un CD live parce que d’abord et avant tout, The Cat Empire est un band qui évolue en concert", affirme d’entrée de jeu Harry Angus, chanteur et trompettiste au sein de la formation de Melbourne complétée par Felix Riebl (voix et percussions), Ollie McGill (claviers), Ryan Monro (basse), Will Hull-Brown (batterie) et Jamshid "Jumps" Khadiwhala (percussions). "Il fallait attendre le bon moment. Ça aurait été ridicule de se faire connaître avec un live. Jusqu’à ce jour, je crois que nos enregistrements studios n’ont pas été en mesure de capturer le dynamisme qu’on a sur scène. C’est sans doute pourquoi soit on aime The Cat Empire en concert, soit on le préfère sur disque."

D’AUTRES CHATS À FOUETTER

On pourrait croire que la parution d’un album en concert est l’occasion pour une formation de faire le point, de regarder ce qui a été accompli, pour ensuite entamer un nouveau chemin. Des grands succès – "Je ne crois pas que les spectacles donnés devant des foules nombreuses soient nos meilleurs concerts" – aux moments plus difficiles – "Se présenter dans un bled perdu, en Norvège ou en Saskatchewan, et que personne n’assiste au concert" -, l’heure n’est pas encore au bilan pour Harry Angus et les autres membres de The Cat Empire. Du moins, pas pour l’instant. "Dans 10 ans, on pourra peut-être affirmer que 2009 a été une année charnière dans notre histoire, je ne saurais trop dire…" laisse planer le souriant chanteur après longue réflexion. "En ce moment, c’est plutôt business as usual. On est en processus d’écriture pour un nouvel album et on est tous très satisfaits des résultats. On verra si un nouveau chapitre s’impose."

À BON CHAT, BON RAT

Pour The Cat Empire, le lancement de ce coffret CD-DVD servait de prétexte parfait pour se taper une fois de plus les grandes villes du Canada et, par le fait même, atteindre le seuil imposant des 750 concerts donnés depuis ses débuts en 2001. "C’est débile! C’est le double de ce que Led Zeppelin a fait dans sa carrière!" affirme à la blague Angus, qui ajoute que le rythme de travail que la formation s’était imposé a considérablement ralenti. "Depuis le début, on avait l’habitude de faire de longues tournées éreintantes les unes après les autres. Cette année, on a voulu prendre notre temps et s’accorder des pauses. Cet été, on était au Royaume-Uni; c’était super. Quelques mois plus tard, nous voilà prêts à refaire nos valises pour le Canada. Ces tournées outre-mer se présentent désormais beaucoup plus comme des vacances que comme une besogne routinière. On est tous très excités", mentionne le chanteur qui hésite à expliquer pourquoi le Canada, et plus particulièrement le public québécois, a si rapidement succombé aux charmes de The Cat Empire.

"On a toujours du mal à comprendre la réaction démentielle des Québécois. La première fois qu’on était en Amérique du Nord, on a été vraiment surpris d’apprendre que certains Montréalais avaient conduit jusqu’au Vermont pour nous voir. On croyait que personne ne nous connaissait! Et depuis ce temps, le lien entre le Québec et The Cat Empire s’est créé. Un mariage parfait", avance Angus en précisant que la formation n’a jamais fait des pieds et des mains pour conquérir le coeur du Québec. Tout cela s’est orchestré naturellement. "Au Québec, on s’est fait connaître par le téléchargement illégal, le bouche à oreille et une presse favorable, des moyens un peu plus alternatifs de promotion. Je peux facilement m’imaginer qu’un gars ait pu graver quelques chansons sur un CD, l’ait fait circuler. Ça a fait boule de neige. Et sans qu’on le sache, la boule nous a frappés en pleine figure!"

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