Calexico : À la croisée des chemins
Musique

Calexico : À la croisée des chemins

Joey Burns interrompt brièvement une séance d’enregistrement pour nous donner des nouvelles de Calexico… Et annonce une collaboration qui en fera jubiler plusieurs.

Ces derniers temps, Calexico travaille sur une trame sonore "pour un documentaire intitulé Circo, qui retrace le parcours d’un cirque familial à travers des petits villages mexicains". Un casting sur mesure pour un groupe qui intègre les trompettes des mariachis à sa proposition musicale.

À l’automne 2008, la formation originaire de Tucson en Arizona lançait un sixième album, Carried to Dust. Certains ont vu en lui une parenté avec le son ambiant de The Black Light: "Moi, je le vois un peu comme la somme du travail accompli depuis nos débuts, un mélange de styles diversifiés, de musiques en provenance d’Europe, d’Amérique du Sud et centrale, du Mexique… C’est un album que je dirais à la croisée des chemins qu’on a empruntés au cours des cinq, six dernières années. On collabore avec toutes sortes de monde; ils influencent notre son. On a réussi à intégrer des éléments disparates à notre signature sonore; c’est quelque chose qui vient avec l’expérience."

Pourtant, Carried to Dust ne fait pas l’unanimité: "On a reçu beaucoup de commentaires d’amis et du public qui trouvent que sur ce disque, on a perdu notre petit je-ne-sais-quoi d’attendrissant-fragile-texturé. On nous a dit: "Où sont passées les trompettes? Qu’est-ce qui est arrivé au jeu de batterie de John Convertino?" J’ai répondu: "D’abord, merci de nous écouter aussi attentivement. Ensuite – c’est cliché pour un musicien de dire ça -, on ne peut pas toujours plaire à tout le monde." C’est bien de faire un petit pas de côté, de varier les perspectives; regarde les parcours de Dylan, de Tom Waits et de Neil Young. Ça leur est arrivé de danser autour de ce qui avait fait leur succès. Je dirais même que c’est ce qui les rend intéressants."

Pour Calexico, muer comme un serpent de l’Arizona est bien plus attirant que de peaufiner ce qui existe déjà. "Je pense que c’est naturel pour un musicien de vouloir explorer, de continuer à expérimenter, que ce soit à travers les techniques de jeu ou les rencontres, en jonglant avec les thèmes et les concepts. On essaie de se réinventer, c’est ce qui nous propulse en avant et nous a menés jusqu’à Sergio Dias, d’Os Mutantes, dernièrement…"

Ici, on sursaute de joie. Quoi? Une collaboration entre les chefs de file du tropicalisme – qui nous ont rendu visite lors du dernier Pop Montréal – et les champions de l’americana impressionniste est envisagée? "C’est un ami qui nous a dit: "Hey, vous devriez faire quelque chose avec eux." On est très sensibles à ça, c’est de cette façon qu’on est entrés en contact avec Sam Beam d’Iron & Wine, d’ailleurs. On n’a pas encore commencé à travailler ensemble, mais on a rencontré Sergio Dias et on discute. On est au début de l’aventure, c’est la partie excitante de l’affaire et Dias est un personnage fascinant. Notre étiquette encourage ce genre de métissages. Elle voudrait voir réunis Caetano Veloso et Willie Nelson, avec Calexico et Os Mutantes comme band accompagnateur!" À suivre de très près.

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Iron & Wine, Ennio Morricone, Giant Sand