Oxmo Puccino : Oxmo en osmose
Musique

Oxmo Puccino : Oxmo en osmose

Le rappeur Oxmo Puccino vient à nouveau propager sa prose aux FrancoFolies.

Lorsqu’il reviendra fouler les planches du Métropolis dans quelques jours, Oxmo Puccino en sera à son troisième passage à Montréal en quatre ans. En 2007, entouré de ses Jazzbastards, il avait galvanisé le public du Club Soda lorsqu’il était venu présenter son projet Lipopette Bar au FIJM. Puis l’année dernière, il était de retour, mais cette fois-ci aux FrancoFolies pour défendre son cinquième album, L’Arme de paix. Ce disque, réalisé en compagnie de ses complices du Lipopette Bar, ramenait Oxmo à un style plus "hip-hop" car pour le rappeur parisien, les albums se suivent mais ne doivent pas se ressembler, comme les spectacles d’ailleurs. Ainsi, le show qu’il donnera cette année aux Francos diffère en quelques points de celui de l’année dernière. "Il est différent au niveau de l’interprétation et des morceaux qu’on a rajoutés. Le show est beaucoup plus animé, beaucoup plus précis parce qu’on a eu le temps de le travailler, de voir les détails et les rythmes aussi. Il est un peu plus long mais il passe encore plus vite. On a aussi amélioré les jeux de lumières qui sont cette fois-ci bien plus en phase avec les chansons."

Si celui qu’on surnomme aussi Black Popeye a tenté le plus possible de ne pas répéter l’aventure du Lipopette Bar sur son nouvel effort, il n’en demeure pas moins qu’on retrouve une certaine sensibilité jazz sur L’Arme de paix. "On a essayé d’éviter l’écueil jazz pour plutôt aller vers le soul et les variétés françaises des années 70 et 80. Donc, même si je travaille avec les mêmes musiciens, j’ai tout fait pour éviter les consonances jazz. Par contre, Lipopette Bar m’a bien servi au niveau de la construction mélodique. Mais il y a en effet une sensibilité jazz dans l’interprétation car c’est une émotion qui est inhérente à ce que j’ai toujours voulu aborder, un mélange de douceur et de fermeté. Même si on essaye d’avoir une thématique lourde ou une musique qui s’approche de quelque chose d’assez massif, on tente toujours de garder cette légèreté car c’est ça le jazz, c’est pouvoir exprimer quoi que ce soit mais avec un semblant de légèreté, qui n’est jamais grave mais qui reste important, qui n’est pas triste mais qui est quand même touchant", détaille avec verve et passion Oxmo Puccino, Abdoulaye Diarra de son vrai nom. "C’est vrai que j’ai carrément pris appui sur le disque précédent pour pouvoir y arriver car la réflexion qui portait sur l’album L’Arme de paix à son début était quelque chose de beaucoup plus lourd, de beaucoup moins digeste. De sorte que d’être passé par la phase du jazz m’a permis de rééquilibrer le tir vers quelque chose de plus mesuré."

L’influence Lipopette s’est aussi fait ressentir sur scène, où le rappeur d’origine malienne semble désormais plus à l’aise et en phase avec la musique. "Dans la tournée Lipopette Bar, j’étais dans la retenue car on faisait une musique qui m’éloignait du rap et avec laquelle je n’étais pas encore très à l’aise. Donc, je me suis réservé pour L’Arme de paix, ce qui fait que le spectacle est beaucoup plus énergique. Ce fut une sorte de contrainte bénéfique car si j’arrivais à m’exprimer avec beaucoup de retenue lors des concerts de la tournée Lipopette Bar, alors le jour où j’allais me laisser aller, ça donnerait quelque chose d’explosif!"

À écouter si vous aimez /
MC Solaar, Kery James, Fabe