SAHARA : Sous le soleil
Musique

SAHARA : Sous le soleil

Un premier album en poche, SAHARA s’apprête à faire danser les festivaliers du Festival western de Saint-Tite sur sa pop métissée.

Il y a derrière SAHARA de belles histoires d’amitié. D’abord, celle de Mathieu Denis (basse) et de deux frères, Jean-Sébastien (guitare) et Pierre-Alexandre Defoy (percussions), tous natifs de Saint-Adelphe et qui, dès la fin du primaire, organisaient leur premier concert devant une centaine de personnes. Puis, celle d’un quatrième élément, le chanteur Sébastien Baril, venu se greffer un peu plus tard au noyau. "Eux, quand ils étaient ti-culs, ils jouaient à trois maisons de chez nous, mais on ne s’est jamais rencontrés. Pourtant, on a un parcours similaire, on connaît les mêmes personnes", raconte-t-il.

UN FAUX DESERT

Les premiers grains de sable de SAHARA ont été jetés en novembre 2005, quand Mathieu, Pierre-Alexandre et Sébastien ont décidé de participer aux Mardis de la relève du Gambrinus. "On trouvait qu’il manquait un bon guitariste au band, se souvient Pierre-Alexandre. Ça fait que j’ai demandé à mon frère de venir nous aider à faire des solos, pour que ce soit plus beau. Il est arrivé, je crois, deux semaines avant le concours et a improvisé sur les chansons qu’on avait composées. Et quand on est allés aux Mardis de la relève, on a gagné!" Bien que Val Salva ait finalement remporté la grande finale cette année-là, le quatuor a senti qu’il tenait un petit trésor entre ses mains. Une impression confirmée par un prix (Le plus beau Rythme de la Mauricie) qu’il gagnera un an plus tard, au FestiVoix, pour sa chanson Is the Clock Set Right? "On a gagné ça pis on répétait juste les fins de semaine de temps en temps, quand ça nous tentait. Au début, c’était juste une passion. Mais il arrivait toujours quelque chose de le fun", poursuit le batteur.

L’enregistrement d’un album est donc devenu incontournable. Pendant deux ans, les quatre musiciens ont bossé sur le projet. Un processus qu’ils auraient préféré plus court. "Une des raisons qui expliquent cette cadence, c’est que Mathieu a deux enfants en bas âge. Même chose pour moi. Ce n’est donc pas le même temps que tu consacres à ça, surtout quand tu as un job principal. Ce n’est pas comme si on avait 18 ans et qu’on voulait qu’il se passe quelque chose là, maintenant. Alors on s’est dit que tant qu’à le faire, on irait au rythme qu’il faut pour arriver avec un produit qu’on trouve bon", explique Jean-Sébastien.

Sunrise a finalement été lancé le 26 août dernier à la brasserie artisanale À la fût de Saint-Tite. Un album de 11 titres pour le moins hétéroclite. Car dans ce voyage musical, pop, disco, balade, western, folk et rock s’entremêlent. "Chacun avait des idées de son bord. Le mélange a fait l’album. C’est un peu notre évolution de 15 à 25 ans, ce que chacun a vécu. Ça a donné une drôle de poutine!" commente le guitariste. Malgré tout, un lien unit la dizaine de chansons. "On cherchait une efficacité autant dans les mélodies que dans les paroles", poursuit-il en spécifiant que toutes les pièces ont été arrangées en groupe. "Les chansons sont toutes assez directes et assez faciles à retenir mélodiquement. Même si on a écouté des tounes de 22 minutes dans nos vies, et que j’adore, mettons, le jazz, notre projet est assez facile d’écoute." Interpellé, Sébastien enchaîne: "Notre public est large. Jean-Sébastien est enseignant au secondaire et ses élèves adorent notre musique. À nos spectacles, il y a des baby-boomers. Même ma grand-mère de 75 ans vient!"

FAIRE DES CHOIX

Comme bon nombre de formations de la région, SAHARA a privilégié la langue de Shakespeare sur son premier disque. Serait-ce que le band espère trimbaler sa musique en dehors des frontières du Québec? "Je ne crois pas qu’on pensait à percer ou ne pas percer, à carrière ou pas carrière. C’est juste qu’on a écouté plus de musique en anglais dans nos vies. On est fiers d’être Québécois et, dans l’avenir, on ouvre carrément la porte à l’idée de chanter en français. Est-ce une question de perception? On trouvait que l’anglais allait mieux avec notre musique. Il y a des affaires qu’on ne peut pas expliquer. On a donc continué dans cette direction. Et on a réessayé en français, mais pour ce qu’on faisait, on trouvait que ça n’allait pas", explique Jean-Sébastien.

Les membres du groupe ne cachent cependant pas qu’ils aimeraient bien que SAHARA les entraîne dans une belle et longue aventure. "Pour moi, le plus loin possible, c’est juste de rentrer gros de même [Jean-Sébastien mime l’espace d’un centimètre] dans la vie du plus grand nombre de gens possible. Si, dans sa journée, une personne nous a entendus deux, trois minutes et qu’elle a passé un beau deux, trois minutes, c’est super. Il ne faut pas croire qu’on change la vie des gens. Asteure, il y a tellement de bons bands partout", conclut le guitariste, réaliste.

SAHARA
Sunrise
(Indépendant)

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