Royal Wood : Sur mesure
Musique

Royal Wood : Sur mesure

Avec le récent opus The Waiting et une première tournée pancanadienne en tant que tête d’affiche, l’auteur-compositeur Royal Wood s’affirme, un sourire en coin, comme l’un des derniers gentlemen de la pop canadienne.

The Waiting, excellent troisième album de Royal Wood, est paru en mai dernier, au moment même où le chanteur amorçait une tournée nord-américaine en première partie du Britannique David Gray. "Pendant la tournée, Gray m’a donné la chance de camper le rôle du conteur d’histoires, alors que lui proposait le full band et le penchant plus rock et spectaculaire. Ça a souvent donné des moments magiques", se rappelle l’auteur-compositeur torontois, en faisant naturellement le lien entre la musique de Gray et la sienne: de la pop classique d’auteur-compositeur. Au piano, la plupart du temps. Cela dit, Wood se distingue de sa cohorte de prétendants au trône de Billy Joel en déployant, sur scène comme dans la vie, une grâce et un charisme hors du commun, tel un Humphrey Bogart de l’ère du iPod. Showman au style soigné que l’on devine intrinsèque à sa personnalité pleine de prestance (complet impec trois-pièces, cheveux fraîchement coupés, souliers de cuir verni), il lui arrive souvent, à son grand dam, de se faire comparer à Don Draper, personnage de la série télé Mad Men incarné par l’acteur américain John Hamm. "Jusqu’à tout récemment, je ne savais pas de qui on parlait, s’exclame-t-il en riant. C’est juste que je ne possède pas de télé… Mais la comparaison semblait tenace et revenait très souvent; je me suis dit qu’il fallait que je voie ce dont il était question! Quelques minutes sur YouTube et j’ai compris. C’est vrai qu’il existe certaines ressemblances. Le scotch en moins." Alors, piano man gentilhomme, un rôle taillé sur mesure pour le chanteur? "Ce n’est pas un rôle, c’est inné", répond du tac au tac le chanteur. "J’ai eu la chance, ou la malchance, c’est selon, que mes parents m’aient inculqué de bonnes valeurs: je suis cordial, j’ouvre la porte aux femmes et j’appelle toujours le lendemain…"

"J’ai grandi avec les classiques du cinéma américain en noir et blanc: Dean Martin, Frank Sinatra, Judy Garland. Avec une trame sonore faite de musique classique et de jazz. Les artisans de cette ère mettaient le spectacle à l’avant-plan. C’est ce que je tente de faire. M’inspirer de ce qui m’a fait naître et m’en inspirer: un Dylan, un Cohen ou un Waits. Je crois qu’on est tous le produit des valeurs parentales et de ce que l’on écoutait plus jeune", soutient celui qui a été nommé récemment auteur-compositeur de l’année par l’équipe du portail iTunes Canada.

Au moment d’enregistrer les pièces qui se sont retrouvées sur The Waiting, Royal Wood a choisi, pour la première fois de sa carrière, de faire confiance à un autre réalisateur. Ainsi est entré en scène le réalisateur québécois Pierre Marchand, fidèle collaborateur de Leonard Cohen et de Sarah McLachlan, dont trois chansons ont abouti sur le gravé. "J’ai toujours été plus fasciné par George Martin que par les Beatles eux-mêmes. En travaillant avec Pierre, je tenais à ce qu’il m’amène là où je n’osais pas aller. Il me faisait explorer des avenues différentes, puis j’ai appris de nouvelles façons de travailler. C’est excitant, puisque je réaliserai probablement le prochain album; je le ferai donc d’une tout autre oreille et en mettant en pratique les précieux conseils qu’il m’a prodigués au fil de l’enregistrement", termine le chanteur.

À écouter si vous aimez
David Gray, Rufus Wainwright, Ron Sexsmith