Marianne Fiset : Au pays des merveilles
Musique

Marianne Fiset : Au pays des merveilles

Soprano bien en vue, Marianne Fiset interprétera, avec l’Orchestre symphonique de Trois-Rivières, Shéhérazade de Ravel, une oeuvre fascinante inspirée des contes des Mille et une nuits.

"J’adore Ravel en général, mais Shéhérazade particulièrement", s’enflamme Marianne Fiset quand on lui parle de l’oeuvre sur laquelle elle posera sa voix lors du prochain concert de l’Orchestre symphonique de Trois-Rivières (OSTR), Les mille et une nuits. "Il y a quelque chose dans la façon dont c’est écrit; c’est très fluide. Autant pour la voix que pour les instrumentistes, tout coule. C’est vraiment un plaisir de chanter ça."

"Je trouve qu’il se dégage de cette oeuvre une sensualité vraiment très rare, qu’on ne retrouve pas souvent en musique classique. Je ne sais pas comment le dire exactement, mais je trouve qu’il fait chaud. Il y a quelque chose de langoureux", illustre-t-elle en ralentissant son débit. "En même temps, il y a une vivacité dans le propos. Les poèmes sont magnifiques. C’est un style qui est très inspirant. Et quand c’est fait avec l’orchestre et toutes ses couleurs, c’est très impressionnant."

Tout comme sa feuille de route, particulièrement remplie pour celle d’une jeune chanteuse. Depuis sa sortie du Conservatoire de musique de Québec, Marianne Fiset a entre autres remporté le Premier Grand Prix du Concours musical international de Montréal en 2007, le prix Poulenc de la mélodie française, le premier prix au 20e Concours de l’OSTR, en plus de recevoir le prix Opus de la découverte de l’année en 2008.

Parmi le lot, y a-t-il une récompense qui a influencé son parcours? "Quand j’ai gagné le Concours musical international de Montréal en 2007, ça a changé radicalement. J’imagine que c’est surtout dû au fait que j’ai gagné un concours qui a une grande visibilité à l’international, mais qui est organisé à Montréal, et que je suis Montréalaise. Automatiquement, les gens ont eu un plus grand intérêt pour mon travail comme je venais de la place. J’ai eu une bonne couverture médiatique après ce concours-là, et ça a modifié beaucoup de choses. Avec le premier prix venaient aussi plusieurs engagements [dont un enregistrement avec Analekta et une participation à de nombreux festivals]. Ça a contribué à lancer ma carrière. Souvent, c’est de commencer qui est le plus difficile. Une fois qu’on est dans l’engrenage, la roue tourne."

Et elle tourne sans cesse. Contrats avec le Pacific Opera Victoria, l’Opéra de Marseille, l’Orchestre symphonique de Montréal, l’Opéra de Montréal… "Je suis très gâtée", admet celle qui a découvert l’univers de l’opéra avec Carmen. "J’ai plein de belles choses qui s’en viennent. Mon agenda est assez rempli pour les prochaines années. C’est sûr que je travaille beaucoup, je fais énormément d’efforts pour que ma carrière fonctionne. Mais il y a toujours une part, je ne dirais pas de chance, mais de timing. Il faut être à la bonne place, au bon moment."