Telekinesis : Revenir de loin
Musique

Telekinesis : Revenir de loin

Telekinesis trouve l’inspiration dans les petits malheurs et les grandes villes.

Le nom de Telekinesis ne vous dit rien? Normal. Le Seattlïte Michael Benjamin Lerner n’a ni pris la blogosphère d’assaut, ni écumé le circuit des bars une décennie durant pour créer la rumeur. Telekinesis est en fait un one-man band (au sein duquel Lerner tient batterie, guitares, basse et micro) découvert par Chris Walla (de Death Cab for Cutie) vers 2008, puis pris en charge par le réalisateur émérite suivant une signature avec Merge Records. L’association Lerner/Walla a mené à un premier effort homonyme, en 2009, puis à sa suite toute nouvelle, 12 Desperate Straight Lines, lancée à la mi-février.

"Je n’avais même jamais pensé à faire un disque", m’écrit Lerner depuis la route, qu’il sillonne présentement en compagnie de ses nouveaux adjuvants de tournée, le bassiste Jason Narducy (ex-Verbow) et le guitariste Cody Votolato (ex-Blood Brothers). "Et me voici maintenant avec deux sur les bras!" Sans surprise, Lerner estime avoir mieux su ce qu’il faisait durant la conception du dernier-né et estime par conséquent signer un album "plus mûr".

Après avoir conçu Telekinesis! sur le high d’une relation amoureuse à distance, Lerner a senti la réalité lui mordre fort le derrière préalablement à 12 Desperate Straight Lines. Ladite relation amoureuse a pris fin, un problème d’oreille interne a donné à Lerner des vertiges chroniques, lesquels furent à l’origine d’un accident de voiture qui allait empêcher le multi-instrumentiste d’entrer en studio comme prévu en mars de l’année dernière. Bref, annus horribilis, mais riche en inspiration pour le nouvel opus. "On dirait que c’est vrai que les mauvaises choses mènent à du chouette art. C’est juste chiant pour l’artiste", note Lerner. Fait intéressant, la pièce Car Crash, qui figure sur l’album, a été composée avant ledit accident… "Étrange, n’est-ce pas? C’est probablement une mauvaise idée d’écrire sur ce sujet…"

Avant ses déboires routiers, c’est à Berlin, en Allemagne, que le musicien a composé la majorité de ses nouvelles chansons. "Il fallait que je quitte Seattle à un moment où c’était juste difficile pour moi de rester à la maison. Berlin semblait un choix judicieux. J’y connais beaucoup de gens par notre compagnie de disques européenne. J’ai pu profiter d’un appartement et d’un espace de répétition. Et la liste des gens qui ont choisi cette ville pour y composer ou y enregistrer est pour le moins inspirante: Bowie, Lou Reed, Depeche Mode… Pas mal, non?"

De fait, les amours musicales de Lerner sont présentes tout au long de 12 Desperate Straight Lines. Lerner ne se gêne pas pour y citer ses plus récentes découvertes. "Je me suis vraiment empêtré dans le trip The Cure / Joy Division / New Order et je crois que c’est assez évident. Mais c’est un nouveau band nommé Flin Flon qui a le plus inspiré l’album, je crois."

La référence la plus marquante reste cependant la pièce 50 Ways, dans laquelle Lerner cite la pièce 50 Ways to Leave Your Lover de Paul Simon, disant: "Paul Simon said it the best: there really are 50 Ways" ("Paul Simon l’a dit le mieux: il y a vraiment 50 façons"). "Je ne sais honnêtement pas pourquoi je dis cela, témoigne Lerner. C’est juste une phrase qui m’est venue comme ça. Je suis un gros fan de Paul Simon et ça me semblait la bonne chose à dire à ce moment. Je sais que ça semble cheesy, mais c’est vrai." p

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