

Young Galaxy : Les pieds sur terre, sous les étoiles
Young Galaxy s’est créé un univers à son image et cultive sa propre conquête des étoiles. Shapeshifting nous confirme à présent tout le potentiel de ce groupe pop atypique.
Antoine Léveillée
Photo : Joe Yarmush
C’est avec le groupe de Vancouver You Say Party que la formation Young Galaxy était censée entamer cette nouvelle tournée. Alors que la chanteuse Becky Ninkovic se remet graduellement d’une vilaine bronchite, Stephen Ramsay (ex-Stars) constate que Young Galaxy est maintenant en tête d’affiche et que le tout premier concert depuis la sortie du troisième album, intitulé Shapeshifting, sera à Québec. "J’espère que vous ne serez pas trop durs envers nous!" s’exclame-t-il à la blague.
Avec sa conjointe Catherine McCandless (voix, claviers), "qui sera enceinte jusqu’aux oreilles lorsque vous la verrez", nous indique Ramsay, le bassiste Stephen Kamp complète ce trio qui est né à Montréal en 2005. Trempée dans la pop mélancolique et flirtant avec le new wave, leur troisième production, qui suit Invisible Republic (2009), nous confirme que Young Galaxy a raffiné son esthétique. Mais surtout, c’est la voix de McCandless qui a trouvé une place de prédilection.
"C’est son album, ça ne fait aucun doute, nous confirme Ramsay. Elle a du soul dans la voix, c’est une présence qui se remarque. Comment dire, elle porte une charge émotive particulière. Le groupe lui-même gravite autour de sa voix maintenant. Personnellement, je ne me suis jamais considéré comme un grand chanteur, disons que je projette un texte juste assez bien pour que le tout soit honnête. Mais Catherine a beaucoup plus d’aplomb en tant qu’interprète. C’était logique de lui accorder une place de prédilection."
Chose particulière, le groupe, qui a déjà enregistré avec Jace Lasek au Breakglass Studio dans le passé, a décidé de voler de ses propres ailes cette fois-ci et d’enregistrer le tout à la "maison". Point de réalisateur, ou presque, alors que le producteur Dan Lissvik a fait une apparition virtuelle dans le "salon" du couple Ramsay-McCandless. "Nous avons décidé d’enregistrer cet album alors que le budget n’était pas encore planifié. Disons que nous avons maintenant tout ce qu’il nous faut à domicile, et l’informatique est rendue assez évoluée pour nous permettre de faire une édition musicale intéressante. Dan vit en Suède, alors nous avons travaillé par ordinateur. J’adore son travail et sa musique, et j’ai été très surpris lorsqu’il a répondu oui à ma demande sans hésiter. On se parle encore souvent, mais je ne l’ai pas encore rencontré en personne! Nous sommes censés être en Europe à l’automne pour la tournée, nous trouverons bien le moyen de le saluer. Ce sera bizarre, ce gars est comme un fantôme! C’est la voix de mon ordinateur!"
Si Young Galaxy a récolté ses meilleures critiques en carrière avec Shapeshifting, Ramsay ne se fait pourtant pas d’illusions sur l’évolution du groupe outre-frontières. "Tu as raison de dire que nous avons une facture très européenne. Nous avons d’ailleurs signé avec un label en Norvège, et c’est très bien. Mais que faut-il aujourd’hui pour percer? Du timing, de la chance? On ne le sait plus… Cette industrie est vraiment bizarre. Pour nous, tout ce qui compte maintenant, c’est de faire danser les gens!" conclut-il.
À écouter si vous aimez /
New Order, Stars, Galaxie