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Musique

Ingrid St-Pierre : Petite mam’zelle

Pleine d’espoir, la pianiste et chanteuse Ingrid St-Pierre rencontrait l’équipe de La Tribu. Deux mois plus tard, elle lance Ma petite mam’zelle de chemin sur son étiquette.

Avec un pincement au coeur, Ingrid St-Pierre faisait récemment vibrer une dernière fois les cordes du piano à queue du Café Morgane du boulevard des Forges, le lieu où tout a commencé. Bien qu’elle se promette d’y revenir de temps à autre, l’auteure-compositrice-interprète originaire de Cabano sait bien que son emploi du temps risque d’être bouleversé avec la sortie de son pétillant album Ma petite mam’zelle de chemin.

Fait étonnant, ce n’est qu’il y a deux mois à peine qu’elle a signé un contrat avec la maison de disques montréalaise La Tribu. "C’est en mars qu’on s’est rencontrés. Ils nous ont dit: "Ça, c’est un album de printemps. On veut que ça sorte là!" Il fallait profiter du fait qu’il y avait beaucoup de gens autour de moi qui connaissaient le projet. Il fallait surfer sur la vague."

Heureusement, elle avait déjà amorcé l’enregistrement d’un disque avec le percussionniste et réalisateur Dominique Messier. "Il fallait juste le terminer. Puis, tout s’est emboîté", raconte celle qui remportait le prix Richard-Desjardins du concours Ma première Place des Arts en 2008.

Comme bien des artistes, la Trifluvienne d’adoption, qui travaillait sérieusement à son projet depuis deux ou trois ans, avoue avoir espéré que sa carrière prenne son envol un peu plus tôt. "Il n’arrive rien pour rien dans la vie. Je suis contente d’avoir attendu, d’avoir fait ma petite mam’zelle de chemin."

Cette attente lui a été en effet salutaire. "On a travaillé fort, mais on n’a pas poussé. On a respecté le rythme naturel des choses. J’ai pu vieillir, être un peu plus sûre de moi. Là, je me sens encore plus apte à défendre cet art-là. Je suis encore mieux dans ce que je fais."

PATIENCE

Ma petite mam’zelle de chemin… Le titre de son disque serait-il justement un clin d’oeil à sa grande patience? "Je pense que oui… D’ailleurs, là, ça prend tout son sens. J’ai tenu dans mes mains mon album pour la première fois avant-hier et je me rends compte qu’il n’était pas le but ultime. C’est tout le chemin que j’ai fait pour me rendre là, c’est ça qui est important: quand je chantais des chants latins dans les églises, les concours, les rencontres que j’ai faites. C’est tout ça qui est ramassé dans cette petite rondelle-là!"

Beaucoup de belles histoires – parfois autobiographiques! – composent ce premier opus sucré comme un bonbon: l’amour trouvé au bas d’un escalier (Mercure au chrome et p’tits pansements), la promesse à une grand-mère atteinte de la maladie d’Alzheimer de nouer ses souvenirs à des ficelles (Ficelles), le stress de revoir un ancien amour (Les ex)… De délicieuses anecdotes qui donnent l’impression que l’interprète est une éternelle romantique. "Est-ce que je suis une grande romantique? Je pense que je suis quelqu’un qui voit le beau côté des choses. Des fois, ça peut paraître de la naïveté. Oui, je suis romantique. Mais je crois que cet album-là, c’est surtout des sourires en coin!"

Des sourires brillamment polis par Dominique Messier. "Il y a cinq ans, j’avais de la difficulté à entendre mes chansons avec d’autres instruments. C’était des petites planètes qu’il ne fallait pas trop déstabiliser. C’était piano-voix. J’avais la trouille d’avoir des artifices qui viendraient peut-être diluer la vibe ou l’essence. J’ai mûri. J’ai fait ces chansons dans différents contextes et j’ai appris à faire confiance", conclut Ingrid St-Pierre, qui se produira dans le cadre des FrancoFolies de Montréal et au FestiVoix cet été.

Ingrid St-Pierre
Ma petite mam’zelle de chemin
(La Tribu)
En vente dès le 24 mai

À écouter si vous aimez /
Émilie Simon, Andrea Lindsay, Marie-Jo Thério

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